Rencontre avec... Pierre Schereck, directeur épargne entreprise et ISR chez Amundi

« Il faut faire preuve de pédagogie auprès des particuliers »

le 14/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Vous avez converti 18 milliards d'euros d'actifs à l'investissement socialement responsable (ISR) en 2011. Pourquoi ce choix ?

Amundi a fait de l'engagement sociétal l'un de ses piliers stratégiques dès sa création en 2010. Cela se traduit par une démarche volontariste : notre ambition est de développer sensiblement nos encours ISR, notamment par le biais de conversions d'actifs à l'ISR. Ces transformations se font dans la durée car elles s'inscrivent dans un processus très rigoureux. Il faut notamment simuler l'impact du passage d'un fonds à l'ISR et vérifier que les clients sont d'accord pour ce changement.

Pourquoi reste-t-il difficile de vendre de l'ISR aux épargnants ?

Toute la question est celle de la diffusion d'une information complète et compréhensible. L'ISR est aujourd'hui un univers complexe. Il n'est donc pas étonnant qu'un euro sur quatre soit ISR en épargne salariale. Il s'agit d'un véritable tremplin de développement pour l'ISR, notamment grâce au label du Comité intersyndical de l'épargne salariale (CIES). Mais au-delà de l'épargne salariale, il y a un réel intérêt des particuliers pour les thématiques environnementales, sociales et de gouvernance. Il faut faire preuve de pédagogie pour bien expliquer les différentes familles de produits : fonds éthiques et donc d'exclusion sectorielle, fonds best-in-class, fonds thématiques, fonds solidaires, etc. L'effort de pédagogie est indispensable. C'est à cette condition que les encours pourront se développer de façon pérenne.

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