L'avis de... Laure Delahousse, directrice développement des acteurs et gestions spécialisées de l’AFG*

« Il faudra inciter les salariés à augmenter leurs versements sur les Perco »

le 21/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Qu’attendez-vous d’une future réforme de l’épargne salariale ?

Son principal objectif devrait être d’accélérer la diffusion de l’épargne salariale dans toutes les entreprises du privé, mais aussi, pourquoi pas, dans le secteur public. Avant tout, des dispositions devraient être prises pour inciter les PME à mettre en place des dispositifs d’épargne salariale. Le nombre de celles qui en proposent a certes doublé en dix ans, passant de 10 % à 20 %, ce qui est remarquable, mais un coup d’accélérateur est nécessaire. Associer les salariés à la création de valeur de l’entreprise, est un message fédérateur qui peut aider à traverser les crises en leur permettant de bénéficier de la reprise économique. Le coût fiscal de l’épargne salariale pour l’entreprise doit être relativisé. Même avec un forfait social à 20 %, distribuer aux salariés un intéressement ou verser un abondement sur un plan d’épargne demeure incitatif. Cependant, il faut rassurer les entreprises, en particulier les PME, sur la stabilité fiscale et sociale de l’épargne salariale.

Le Perco pourrait-il être avantagé ?

L’épargne de long terme doit absolument être encouragée. Le Perco est le produit à l’horizon de placement le plus long, permettant de réaliser des investissements, certes plus risqués, mais surtout plus productifs dans la durée. C’est pourquoi nous proposons d’alléger le forfait social sur ce dispositif pour encourager son développement. Les encours de près de 8 milliards d’euros du Perco (en hausse de 28 % en un an au 30 juin) constituent une bonne nouvelle mais ne sont pas à la hauteur des besoins liés à la retraite des salariés. Le développement du Perco sera peut-être l’une des missions confiées au Copiesas**. Il faudra trouver des solutions pour inciter les salariés à augmenter leurs versements sur les Perco. A l’heure actuelle, 50 % de la participation est versée automatiquement sur ce dispositif dès lors que le bénéficiaire n’exprime pas d’autres choix. Modifier ce ratio pourrait être une piste, éventuellement.

Le déblocage anticipé exceptionnel a-t-il eu du succès ?

Au vu des premiers retours de nos adhérents, les sommes perçues par les salariés dans le cadre du déblocage anticipé exceptionnel seraient modérées. D’abord parce que les salariés peuvent percevoir directement leur participation depuis 2008 ; ceux qui l’ont épargnée l’ont donc fait volontairement. Sans doute aussi les salariés ont-ils pris conscience de la nécessité d’épargner afin de se constituer un supplément pour leur retraite.

* Association française de la gestion financière

** Comité d’orientation de la participation, de l’intéressement, de l’épargne salariale et de l’actionnariat des salariés

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