Entretien avec… Guillaume Monarcha, associé chez Orion Financial Partners

« Les hedge funds sont devenus un facteur de performance à part entière »

le 21/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Virginie Deneuville

Dans le sillage de la crise et du scandale Madoff, quelle est aujourd’hui l’attitude des investisseurs à l’égard des hedge funds ?

Leur comportement s’est logiquement transformé. Les investisseurs, qui considéraient avant ces événements les hedge funds comme un facteur de diversification permettant de réduire le risque de leur portefeuille, perçoivent désormais la classe d’actifs comme un facteur de performance à part entière. Dans un environnement de taux historiquement bas, les investisseurs sont à la recherche de rendement et hésitent à entrer davantage sur les marchés actions, actuellement à leur plus haut niveau. La situation se révèle différente selon la nature des investisseurs. Les institutionnels, principalement affectés par les performances décevantes des fonds de hedge funds, reviennent de plus en plus vers la classe d’actifs, mais en direct ou via des mandats dédiés. Les family offices, plus fortement frappés par un scandale Madoff lourd de conséquences pour certains, y retournent plus timidement.

Les fonds Ucits ont-ils trouvé leur public ?

Les institutionnels européens se dirigent de manière accrue vers ces fonds. Pour les assureurs notamment, ces produits répondent dans la perspective de Solvabilité 2 à un souci de transparence accrue, de plus grande liquidité et de simplicité avec un moindre recours au levier et aux produits dérivés. Cette tendance est identique chez les family offices, qui y voient plus le moyen d’éviter les risques de fraude. Si les premiers fonds alternatifs Ucits étaient à juste titre perçus comme des hedge funds« allégés », ces derniers offrent désormais des stratégies plus abouties, spécifiques à ce type de produits. Ces fonds Ucits représentent désormais quelque 150 milliards d’euros d’encours, soit près de 10 % des actifs gérés par les hedge fundsà l’échelle mondiale.

Quelles autres tendances se dessinent ?

Paradoxalement, un deuxième mouvement s'est récemment développé : des investisseurs se tournant vers des produits très illiquides avec un lock-up (blocage, NDLR) allant jusqu’à plusieurs années. Des fonds de recovery, axés sur le rachat d’ABS (asset-backed securities) ou de dette décotée, rencontrent un très vif succès. Enfin, la dimension de conseil et de produits sur mesure a pris de l’ampleur. Les investisseurs, qui réalisaient auparavant la majorité de leurs investissements via des fonds de fonds en Europe, se tournent désormais vers des investissements directs et ont besoin d’être accompagnés.

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