HDF cherche un second souffle en se concentrant sur la France

le 15/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Le multigérant alternatif français réduit la voilure à l’international, mais maintient son objectif de 3 milliards d’encours fin 2013.

L’an dernier, HDF fermait son bureau de sélection de fonds à Singapour. Aujourd’hui, « nous nous interrogeons sur le maintien de nos deux analystes basés à New York, déclare Pierre Lenders, directeur général de cette boutique parisienne de multigestion alternative. Si une présence locale permet de réduire la distance avec les gérants que nous suivons ou chez qui nos fonds sont investis, il y a une logique à centraliser l’effort de recherche pour rendre la communication plus fluide ». Le projet de distribuer des fonds aux Etats-Unis est quant à lui ajourné. HDF s’interroge aussi sur sa présence à Genève, après y avoir arrêté son activité de recherche. « Nous y avons encore un assistant commercial, mais ce marché - le plus important pour nous après la France - est couvert par l’un de nos commerciaux français depuis Paris », explique Véronique Degenne, directrice marketing et juridique. Le responsable du bureau genevois a récemment quitté la maison, et son homologue de Zurich fera de même à la fin du mois.

Quant à la succursale de Bruxelles, elle n’emploie pas de salariés de HDF mais, « nous recourons là-bas à deux représentants indépendants pour distribuer nos fonds, indique Véronique Degenne. Nous réfléchissons à l’ensemble de notre dispositif à l’international, qui représente 15 % de nos encours, car la décentralisation a un coût. Pour maintenir notre couverture clients, nous sommes en train de recruter un directeur commercial pour l’international qui supervisera la Suisse, la Grande-Bretagne et la Scandinavie, mais pourra infléchir notre stratégie en fonction de son parcours personnel. »

La boutique maintient en effet son objectif de 3 milliards d’encours d’ici à fin 2013, annoncé en janvier à l’occasion de ses 25 ans. « Nous sommes encore au début de notre plan à trois ans et il est toujours valable », confirme Pierre Lenders, nommé en début d’année pour un an renouvelable, après avoir contribué à l’élaboration de ce projet. HDF affiche pourtant 1,2 milliard d’euros d’actifs à fin juillet contre 1,5 milliard fin 2010, en raison de performances et d’une collecte globalement négatives. « Nous avons quelque peu décollecté au deuxième trimestre, mais nous ne faisons pas face à des rachats significatifs au troisième, tempère le directeur général. Et nos rendez-vous de la rentrée montrent un intérêt pour notre produit défensif HMR (HDF MultiReactive, NDLR) qui a affiché une performance positive tout au cours de l’été, comme il l’avait fait en 2008 », année noire pour les marché actions.

HDF estime son modèle toujours pertinent, après avoir atteint un pic de 3,7 milliards d’euros d’encours en 2007. « La gestion alternative reste sous-utilisée en France, à environ 1 % des actifs au bilan, par rapport à l’intérêt qu’elle devrait susciter dans le cadre d’une gestion actif/passif de long terme, mais les contraintes qui freinent sa reprise vont se relâcher », estime Pierre Lenders. Selon lui, la frilosité des institutionnels français tient à leur manque d’expérience : beaucoup ont investi tardivement dans l’alternatif… et juste avant la crise de 2008. Si les futures normes de Solvabilité II sont punitives pour ce type de gestion, « nous aidons activement les institutionnels à développer leurs modèles internes pour l’alternatif de manière à accélérer le mouvement », explique le directeur général de HDF, dont l’équipe développe pour les investisseurs professionnnels des outils de suivi quotidien des portefeuilles et des indicateurs de risques. La boutique veut aussi proposer plus de mandats et fonds dédiés, à thématique anti-inflation ou socialement responsable. « Nous aimerions porter leur proportion à au moins 30 %, sachant que les fonds ouverts représentent aujourd’hui 80 % à 90 % de nos encours », indique Véronique Degenne.

Plan de communication

Pour promouvoir sa gestion, HDF va faire de la publicité pour son fonds HMR, après avoir mené ces derniers mois une campagne de notoriété, via notamment des spots télévisés. Elle y mettait en avant sa nouvelle signature, « Haute Définition Financière », qui remplace la référence aux initiales de son fondateur Gilles Halna du Fretay. Décédé il y a deux ans, il a été remplacé à la présidence par son épouse Christine. Depuis, la boutique a vu partir son éphémère vice-président Gilles Guérin, son directeur commercial Christophe Chouard, ou encore récemment son directeur des opérations Erwan Duquoc. Début 2011, elle s’est aussi séparée de trois gérants. Aujourd’hui chez Theam, filiale de BNP Paribas, ils auraient brigué plus de pouvoir au sein de HDF, selon plusieurs sources. Pierre Lenders et Christophe Jaubert, directeur de la gestion, sont désormais les seuls membres du comité d’investissement mais leur équipe de gestion compte officiellement douze autres personnes.

A lire aussi