Rencontre avec... Carmel Cahill, conseillère principale à la direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE*

« La hausse des prix est surtout liée à la demande des pays émergents »

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

La spéculation est-elle responsable de la volatilité des marchés de matières premières agricoles ?

La flambée des prix en 2007-2008 et en 2010-2011 s’explique d’abord par les fondamentaux des marchés, même si les mouvements de prix ont pu être amplifiés à court terme par les acteurs non traditionnels sur les marchés dérivés. Les prix sur les marchés financiers ne peuvent s’éloigner très longtemps des fondamentaux. Il y a des facteurs conjoncturels comme les aléas climatiques, les restrictions à l’exportation, la faiblesse des stocks et la dépréciation du dollar ; et des facteurs structurels comme la demande des pays émergents, la production de biocarburants et le manque d’investissements. Le plus important est sûrement la demande croissante des pays émergents. En moyenne, sur les dix prochaines années, les prix réels des céréales, du riz et des oléagineux devraient être supérieurs de 10 % à 35 % à ceux de la décennie qui a précédé le pic de 2008.

Pourquoi les produits agricoles sont-ils de plus en plus corrélés au pétrole ?

L’énergie affecte les coûts des produits agricoles à travers le prix du carburant, du transport et des engrais. Enfin, les investissements financiers dans des fonds indexés à des paniers de matières premières, qui regroupent énergie et produits agricoles, peuvent amplifier la transmission des prix.

Comment prévenir la volatilité ?

Il n’est pas souhaitable d’éliminer entièrement la volatilité, qui donne des signaux importants aux producteurs en ce qui concerne la demande. Mais il faudrait une meilleure information sur les fondamentaux, notamment en ce qui concerne les stocks, une plus grande transparence des marchés à terme et de gré à gré, et un code de conduite pour les restrictions à l’exportation.

*Organisation de coopération et de développement économiques

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