L'avis de... Michaël Donio, actuaire associé, et Marc Juillard, actuaire consultant au cabinet d’actuariat Winter et Associés

« Ces groupes ne sont pas les mieux préparés au pilier 2 »

le 03/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Les groupes de protection sociale sont-ils prêts à passer à Solvabilité II ?

Si la grande majorité des groupes affiche une certaine sérénité quant au passage à Solvabilité II, notamment grâce à leur niveau de fonds propres élevé, seule l’Autorité de contrôle prudentiel a une vision exhaustive de la situation. Selon les premiers résultats, le QIS 5 n’a pas remis en cause leur capacité de couverture des exigences de solvabilité. Mais les situations peuvent être très différentes. Les organismes couvrant des risques longs et/ou volatils (de retraite ou d’invalidité notamment) seront plus pénalisés que les organismes couvrant des risques courts bien margés qui font peu appel à la réassurance. Cela dit, une bonne couverture de marge ne met pas forcément à l’abri les organismes très sensibles aux évolutions de marché. D’une manière générale, les groupes de protection sociale ont digéré la complexité technique du pilier 1, le volet quantitatif de la réforme, et s’attaquent tout juste aux aspects plus opérationnels avec le pilier 2, c’est-à-dire le contrôle des risques et la gouvernance.

Auront-ils plus de difficultés à appliquer le pilier 2 ?

A cause de leur taille, les groupes de protection sociale ne sont pas forcément les mieux préparés. En raison de la complexité de l’Orsa (Own risk and solvency assessment), tout organisme devra être capable de cartographier ses risques (internes et externes, existants et émergents), d’identifier ses preneurs de risques, d’instaurer un contrôle et un audit internes, de s’assurer de la traçabilité et de la fiabilité de ses données, etc. Cela génère des besoins humains importants et une remise en cause des structures qui existent depuis de nombreuses années.

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