Dossier Forum GI - Fonds de pension

Les gérants britanniques embrassent un nouveau mode opératoire

le 17/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Outre-Manche, les « asset managers » poursuivent leur adaptation à la montée en puissance des régimes à cotisations définies.

Nous estimons que d’ici à vingt ans, le marché des régimes à cotisations définies sera deux fois plus important que celui des régimes à prestations définies outre-Manche », estime Julian Lyne, responsable des investisseurs institutionnels au sein de F&C. Une évolution que les gérants de fonds anticipent déjà depuis quelques d’années.

Car cette transition n’a pas manqué d’impacter leur mode de relation avec leurs clients : alors qu’ils étaient auparavant responsables de la gestion de mandats, leur rôle a désormais évolué vers la distribution des fonds auprès de bénéficiaires : « La tentation est désormais particulièrement forte chez les 'trustees' (conseils d'administration, NDLR) des fonds de pension d'entreprises d’effectuer une ségrégation des mandats de gestion en fonction des domaines de compétences des gérants », indique Laith Khalaf, analyste spécialisé dans les retraites au sein de Hargreaves & Lansdown. Le gérant de fonds doit aussi s’adapter aux besoins en investissements des différentes organisations clientes : « Vous n’avez naturellement pas le même discours si vous vous adressez à un fonds de pension d’une grosse entreprise, plus à même d’embrasser des techniques d’investissement sophistiquées, qu’à un petit fonds de pension entièrement dépendant des ressources d’une compagnie d’assurances, explique Stephen Bowles, responsable des fonds à cotisations définies chez Schroders. Nous devons également prendre en considération les plates-formes à architecture ouverte qui proposent des fonds en provenance de différentes sociétés de gestion : ces acteurs sont véritablement devenus des distributeurs, des pourvoyeurs de fonds. »

Evolution de l'information

Si le rôle du gérant a évolué vers un surcroît de commercialisation et d’intermédiation - 90 % des entreprises britanniques utilisent actuellement des intermédiaires (des sociétés de conseil, NDLR) pour les aider dans leurs choix d’investissement -, les observateurs estiment que le changement s’est aussi opéré en matière d’information donnée aux investisseurs : « C’est un processus en deux étapes, explique Julian Lyne. Nous devons d’abord comprendre les besoins des 'trustees' des entreprises et également nous assurer que ces derniers parviennent à expliquer correctement les choix d’investissements aux bénéficiaires. » Au sein d’un régime à cotisations définies, la relation entre le gérant et les bénéficiaires est ainsi beaucoup moins directe, avec une méconnaissance bien souvent totale de l’utilisateur final. Enfin, le degré de sophistication des régimes à cotisations définies ne serait ainsi pas aussi développé que dans les régimes à prestations définies : 90 % de ces régimes finiraient par opter pour un plan par défaut, par méconnaissance ou difficulté d’accès à certaines classes d’actifs. « Très utilisées par les compagnies d’assurances, les 'default plans' assurent un plan unique, géré de manière relativement conservatrice et susceptible de convenir au plus grand nombre, souligne Laith Khalaf. Mais à mesure que les ressources d’informations financières deviennent de plus en plus accessibles, les bénéficiaires seront capables de prendre leurs propres décisions d’investissement. » Dans l’intervalle, les gérants tentent actuellement d’améliorer les plans par défaut. « Dans la mesure où 80 % des actifs au Royaume-Uni sont contenus au sein de ces fonds de pension, nous essayons aujourd’hui de mieux les adapter aux besoins des bénéficiaires », conclut Stephen Bowles.

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