Dossier ETF

La gamme des fonds indiciels obligataires continue de s'étendre

le 21/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Avec une collecte nette record de 7,2 milliards d'euros en 2012, même les demandes les plus spécifiques ont été satisfaites.

Les ETF (exchange-traded funds) obligataires ont battu tous les records de collecte en 2012. Les flux nets ont atteint 9,7 milliards de dollars (7,2 milliards d'euros), soit 30 % de la collecte globale des ETP (exchange-traded products) européens. Un niveau largement supérieur au poids des produits obligataires dans l'industrie puisqu'ils représentent 19,7 % des encours. Le constat est identique au niveau mondial. « Les ETF obligataires sont une classe d'actifs plus jeune que les autres, qui se développe depuis 2005 seulement, ce qui explique en partie leur forte croissance », indique David Benmussa, directeur d'iShares en France, qui a collecté a lui seul 6,3 milliards d'euros en Europe l'an dernier sur ces produits.

Imaginatifs

L'environnement de baisse des taux d'intérêt incite les investisseurs à se positionner sur des produits de rendement. Logiquement, les flux se sont portés principalement ces derniers mois vers des fonds d'obligations corporate, de dette émergente ou de high yield. Rien n'indique cependant que l'année 2013 soit aussi propice à la collecte en obligataire : les investisseurs semblent se repositionner sur des classes d'actifs à risque comme les actions, à la faveur de l'éloignement des risques extrêmes comme le fiscal cliff (falaise budgétaire) ou l'éclatement de la zone euro.

Pourtant, les émetteurs d'ETF obligataires ne sont pas à court d'idées. En effet, le lancement de nouveaux produits est l'un des facteurs clés du succès. « Il est capital d'offrir une bonne granularité de la gamme, assure François Millet, responsable du développement des produits indiciels de Lyxor. Nous cherchons toujours le bon compromis entre le lancement de produits de fond de portefeuille et celui d'ETF opportunistes, dont les encours sont par nature plus volatils. »

La filiale de Société Générale a lancé en octobre 2012 un ETF sur la dette italienne, dont l'encours atteint 130 millions d'euros, suivi il y a quelques jours d'un ETF sur la dette espagnole. « Nous pensons qu'il y a plus à gagner aujourd'hui sur la dette souveraine périphérique que sur les obligations 'corporate' en euros, précise François Millet. Nous adaptons notre gamme pour que les clients puissent mettre en œuvre ce type de stratégie. » Même raisonnement chez iShares, qui a lancé huit ETF d'obligations d'Etat par pays au sein de la zone euro à l'été 2012. L'Italie remporte le plus gros succès, avec un encours de 202 millions d'euros. « Il est important d'étendre notre offre pour répondre à la demande, mais aussi parce qu'il y a, dans ce marché, une prime au premier entrant, explique David Benmussa. Etre précurseur permet d'afficher rapidement des encours élevés, donc à la fois d'améliorer la liquidité des produits et de pouvoir accueillir les tickets d'entrée élevés de certains clients institutionnels sans contrainte de ratio d'emprise. »

Autre facteur différenciant, les fournisseurs d'ETF ne travaillent pas tous les mêmes indices. Ainsi, les sociétés de gestion peuvent offrir, sur une même classe d'actifs, plusieurs indices, calculés par différents fournisseurs, dans différentes devises. « Les investisseurs sont plus familiarisés avec les indices actions qu'avec les indices obligataires : nous devons donc expliquer les différences aux clients afin qu'ils choisissent au plus près de leurs besoins », confirme David Benmussa. Sans compter la différenciation sur le mode de réplication choisi, physique ou synthétique. A ce titre, Lyxor a opté pour une classe d'actifs obligataire pour lancer ses tout premiers ETF en réplication physique en décembre 2012, sur les indices Euro MTS Highest Rated Macro Weighted. « Ces indices 'trackent' les emprunts d'Etat les mieux notés de la zone euro, relève François Millet. Nous avons poussé jusqu'au bout la logique en utilisant une réplication physique interdisant le prêt de titres afin d'écarter tout risque de contrepartie. » Là encore, c'est une façon de se différencier pour Lyxor, dont les actifs gérés en ETF obligataires atteignent 5,7 milliards d'euros, soit 18 % du total de sa gestion ETF.

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