Dossier Gestion alternative

Frais de gestion, une pilule amère dans le contexte actuel

le 22/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Les investisseurs s'intéressent de plus en plus au fonctionnement de la commission de surperformance.

En moyenne, les hedge funds prélèvent 2 % de frais de gestion fixe, auxquels s’ajoute une commission de surperformance de 20 %. Une pilule amère dans un contexte de performance décevante en 2011. « Depuis la crise de 2008, les investisseurs s'intéressent de plus en plus aux frais de gestion, tant sur leur montant que sur leur structure », indique Gilles Guérin, directeur général de Theam, la structure abritant notamment la gestion alternative de BNP Paribas. La commission de surperformance ou performance fee constitue le principal centre d'intérêt des investisseurs.

A l'origine, ce dispositif permet d'aligner les intérêts du client et ceux du gérant en partageant la surperformance entre le fonds et l'investisseur : plus le fonds surperforme, plus les frais de gestion sont élevés, ce qui, par ailleurs, influence souvent la rémunération variable du gérant. Le principe est louable sur le papier puisqu'il incite le gérant à se concentrer sur sa gestion pour délivrer la meilleure performance possible. « Dans leur 'due diligence', les clients institutionnels vérifient l'implication du gérant, explique Fabrice Cuchet, responsable de la gestion alternative de Dexia Asset Management. Cela passe par la commission de surperformance, mais aussi par l'éventuel investissement personnel du gérant dans son fonds. »

Mais tous les clients n'apprécient pas les commissions de surperformance, pourtant systématiques dans les hedge funds, quel que soit le type d'investisseurs visés. « Dans le cadre de mandats de gestion, il nous arrive d'adapter la structure des frais pour répondre aux attentes des clients, fait savoir Gilles Guérin. Certains préfèrent réduire la commission de surperformance, voire la supprimer, en contrepartie de frais fixes légèrement supérieurs. A l'inverse, d'autres souhaitent des frais fixes très faibles, assortis d'une forte commission de surperformance. »

Seuil de déclenchement

Mais au-delà du principe du partage de performance, les clients s'intéressent aux modalités de sa mise en œuvre. Le seuil de déclenchement, ou hurdle rate, est généralement défini par rapport au taux sans risque, de type Eonia, Euribor ou Libor, tous aujourd'hui largement inférieurs à 1 %. Autrement dit, une performance à peine positive suffit à déclencher la commission de surperformance. Chez Dexia AM, la commission de surperformance se déclenche parfois dès lors qu'un niveau fixe de performance est atteint sur certains hedge funds. « Pour certaines stratégies comme le 'long-short equity' à biais long, la commission de surperformance est prélevée au-delà d'une performance de 4 % à 6 % selon les fonds, plutôt que par rapport au taux sans risque, pour mieux coller à l'objectif de gestion », précise Fabrice Cuchet. Le niveau du seuil de déclenchement est d'autant plus essentiel que la commission de surperformance n'est pas plafonnée : elle peut donc - les très bonnes années - se traduire par un encaissement de frais de gestion très importants.

Autre dispositif scruté de près par les clients, de nombreux fonds alternatifs prévoient un high watermark, règle selon laquelle la commission de surperformance n'est prélevée que si le fonds a retrouvé son plus haut niveau après une baisse. Autrement dit, de nombreux fonds n'ont pu prélever de commission de surperformance en 2009 car ils n'avaient pas retrouvé leur plus haut niveau de 2008. Si le principe du high watermark est louable, il faut cependant bien étudier les conditions de sa mise en œuvre. A nouveau, les mandats de gestion permettent de mettre en place des solutions plus personnalisées : « Dans certains mandats alternatifs, la commission de surperformance peut être prélevée au terme du mandat, en fonction de la performance finale », confirme Fabrice Cuchet. Inutile, dans ce cas, de prévoir un high watermark

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