L’avis de… Christophe Eberlé, président d’Optimind

« Le fonds en euros de moins en moins adapté aux clients finaux »

le 19/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Selon vous, les fonds en euros présentent une vraie bombe à retardement pour les assureurs…

Compte tenu du contexte financier, réglementaire et de la garantie en capital à tout moment donnée aux assurés, la valeur de cession des portefeuilles euros de certaines compagnies tend de plus en plus vers zéro ; tout juste de quoi payer un taux de rendement aux assurés et faire face aux charges de gestion des contrats. C’est sans doute l’une des raisons qui poussent certaines compagnies à afficher des taux de rémunération peu attractifs. Une production moindre permettrait à ces assureurs de mobiliser moins de fonds propres sur leur activité assurance-vie au bénéfice de métiers et de risques qu’ils estiment plus stratégiques, et surtout plus rentables.

Néanmoins, l’épargnant français reste attaché au fonds en euros...

En effet, environ 85 % des flux de collecte vont vers ce support. Or le fonds en euros est de moins en moins adapté aux clients finaux. Les besoins des assurés sont de plus en plus orientés vers des compléments de retraite. Or les rendements offerts par les fonds en euros ne permettent plus d’atteindre cet objectif. Dans les faits, le fonds en euros offre surtout une garantie quotidienne en capital qui correspond plus à un placement court terme. Cela ne permet pas aux gestionnaires d’actifs d’optimiser la gestion financière sur le long terme : la stratégie d’allocation doit donc principalement être axée sur les marchés obligataires. Les contrats variable annuities sont une des solutions.

On dit ces contrats exposés aux risques financiers, et plus consommateurs de fonds propres ?

Il est vrai qu’ils sont assortis de garanties financières permettant de protéger le capital, ou les revenus, à échéance, et ce malgré une exposition sur les marchés financiers. Cette couverture est gérée activement au jour le jour afin qu’actif et passif soient en ligne. En termes de fonds propres, ils ne consommeront pas forcément plus de capital que les fonds en euros, voire moins dans certaine configuration, notamment sous Solvabilité II : charge à l’assureur de se mettre en phase avec des garanties et une gestion optimisées au regard de ses capacités internes et externes de couverture.

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