Dossier ISR

Des fonds aux performances de bon aloi

le 06/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Leurs rendements et leur volatilité tiennent la comparaison avec les véhicules de la gestion traditionnelle.

La question de la performance financière des fonds déclarés ISR (investissement socialement responsable) revient régulièrement sur le devant de la scène. « Il y a une dizaine d’années, on se demandait en quoi les fonds ISR détruisaient de la valeur. Désormais, on s’interroge sur leur éventuelle surperformance », constate Erick Van La Beck, directeur de la recherche et du développement de Macif Gestion. La réponse apparaît en réalité intermédiaire : l’ISR ne se révèle ni destructeur de valeur, en dépit d’un univers d’investissement pouvant s’avérer restreint, ni réelle source de surperformance, selon des données compilées par Morningstar (voir le tableau).

Des comportements semblables

« La gestion ISR se comporte comme la gestion traditionnelle en termes de performances et de volatilité. Les bons gérants sur une classe d’actifs non ISR sont les bons gérants sur cette même classe d’actifs ISR », synthétise Jean-François Bay, directeur général France chez Morningstar. Selon le dirigeant, « la gestion ISR s’apparente à une gestion thématique. Sur les actions, les gérants ISR privilégient les services et les financières, connues notamment pour leur embauche de femmes, au détriment des industries lourdes, logiquement plus pollueuses. Sur les obligations, ils optent par exemple pour l’Europe du Nord et non l’Europe du Sud. »

Le constat d’une non-destruction de valeur des fonds déclarés ISR constitue un préalable à leur développement, le rendement constituant logiquement le premier critère de l’investisseur. « L’ISR ne peut se vendre que s’il est performant, confirme Stéphane Prévost, directeur général de La Financière Responsable. L'extra-financier ne s'oppose pas mais complète et enrichit la vision financière. » « On constate actuellement un vrai mouvement de fond chez les institutionnels dans la demande d’étude de leur portefeuille et l’intégration de critères ISR, observe Erick Van La Beck. Le fait que la gestion ISR ait démontré qu’elle n’enregistrait pas une performance inférieure à la gestion traditionnelle en est une des raisons. »

Au-delà de l’aspect performance, la démarche ISR du gérant se doit d’être facilement comprise. « Les clients privilégient les processus ISR compréhensibles, pragmatiques et concrets, indique Stéphane Prévost, directeur général de La Financière Responsable. Pour créer de la valeur, il faut que la société développe une politique sociale et environnementale de qualité. Investir dans des formations va par exemple se traduire par une moindre rotation du personnel. C’est une question de bon sens. »

Une fois ces prérequis intégrés, l’investisseur peut dès lors se concentrer sur les intérêts propres à l’ISR. « Intégrer des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance, NDLR) dans la stratégie d’investissement permet à l’investisseur de protéger sa réputation. Par ailleurs, l’ISR n’est plus exclusivement basé sur des listes d’exclusion et peut permettre d’améliorer, en jouant un rôle d’actionnaire actif, les performances ESG de toute société », estiment David Diamond et Bozena Jankowska, coresponsables ESG chez Allianz Global Investors. 

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