Le fonds Acropole Convertibles Optimum reporte son échéance

le 06/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Pour permettre aux investisseurs de tirer le meilleur parti possible du marché, ses gérants n’ont pas hésité à revoir les termes du véhicule.

Pour un fonds à échéance dans lequel l’investisseur entre en ayant comme objectif un certain niveau de rendement, donné à l’avance, avec une date de maturité également connue, un renouvellement est plutôt original. L’équipe de gestion d’Acropole AM a toutefois eu recours, en juin dernier, à cette opération pour satisfaire ses souscripteurs. Il est vrai que le fonds à échéance lui-même n’est pas tout à fait d’une mouture traditionnelle, étant investi sur des obligations convertibles « Le plus souvent, les fonds à échéance sont conçus en obligations classiques, l’objectif était de faire du portage obligataire pour jouer le rendement, indique Nathalie Sabathier, directeur général d’Acropole AM, responsable du développement. Dans une logique proche, le fonds Acropole Convertibles Optimum privilégie des investissements dans des obligations convertibles à faibles ‘delta’, c’est-à-dire avec une composante actions faible, les titres présentant la caractéristique d’être plus sensibles aux taux et aux crédits qu’aux actions. » Il s’agissait donc d’un portefeuille quasiment obligataire mais avec un rendement supérieur compte tenu de la faible liquidité des titres et de l’existence de l’option.

De fait, la performance du fonds, doté d’une centaine de millions d’euros, a dépassé les attentes, grâce notamment à la réduction des spreads de crédit - particulièrement marquée pour les obligations d’entreprises - depuis début 2009 où le fonds avait été lancé. En outre, aucun défaut n’est intervenu sur les titres sélectionnés. De plus, la tendance des marchés actions a été favorable et quelques opérations de fusions-acquisitions ont contribué à améliorer la performance - le portefeuille a notamment bénéficié de la progression de la valeur d’International Power après que GDF Suez a lancé une offre sur la société britannique. Ainsi, pour un objectif de performance de 12, 5 %, la performance du portefeuille était en fait à fin mai dernier de 14,67 % (rendement actuariel annuel). Or le rendement prévisionnel d’ici à l’échéance du fonds - initialement arrêtée au 31 janvier 2012 - ne pouvait plus que baisser. « Avec le rétrécissement des ‘spreads’ de crédit et l’approche de la maturité, les rendements d’Acropole Convertibles Optimum devenaient moins intéressants (inférieurs à 3 % avant frais) d’autant que certains titres venaient au remboursement et que nous les réinvestissions en monétaire, explique Nathalie Sabathier. Nous avons donc proposé, sans attendre l’échéance, un nouveau portefeuille, plus diversifié en termes de nombre d’émetteurs (près de 60), et sur une maturité à janvier 2015, si bien que le rendement passe à 5,90 % annuel actuariel. C’est-à-dire un niveau qui devrait rester intéressant même dans l’hypothèse d’une remontée des taux. » En quelques semaines, 90 % des investisseurs en place avaient répondu positivement à la proposition de renouvellement. « Ces produits dont les risques sont simples à cerner et qui offrent un bon rendement plaisent en ce moment, même si la performance, surtout pour les fonds à échéance purement obligataires, est plafonnée par avance, souligne Nathalie Sabathier. En effet, pour les fonds qui investissent en obligations convertibles, au-delà du rendement obligataire, la performance est tributaire d’un événement favorable de fusions-acquisitions qui viendrait apporter une possibilité de plus-value. La sensibilité actions ne dépasse toutefois pas 10 % afin que la performance du portefeuille ne subisse pas les à-coups des mouvements sur les marchés actions. »

Des sorties améliorées

Dans la nouvelle version, les émetteurs, plus nombreux, proviennent de toutes zones géographiques (risque de change contre euro couvert). Pourtant, en juin, le FCP a vu la crise des marchés - et la hausse des taux de crédit en conséquence - peser sur sa performance. L’impact est resté toutefois limité, s’agissant de sous-jacents en moyenne investment grade, une catégorie moins pénalisée que les emprunteurs du segment spéculatif. Ainsi, la performance de janvier à fin août 2011 était de -1,60 %, mais en contrepartie, le rendement annuel actuariel est passé à 7,24 % pour les investisseurs entrés depuis septembre, ceux déjà présents dans le fonds visant toujours un niveau de 6 %.

Autre changement, les conditions de sortie sont améliorées par rapport à la mouture initiale du fonds, dont la création avait eu lieu dans un contexte de liquidité difficile, juste après la crise : en cas de sortie anticipée, les porteurs devaient acquitter des droits qui ne sont plus systématiques désormais, la société de gestion prévoyant seulement des droits de sortie « non acquis », c’est-à-dire négociés au cas par cas en fonction du contexte, de 5 % maximum.

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