L'avis de... Sébastien Lalevée, gérant, directeur général délégué de Financière Arbevel

« Les fondamentaux des entreprises restent positifs »

le 07/04/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquez-vous la remontée de l’aversion pour le risque ?

Plusieurs éléments extérieurs, dont il est difficile d’évaluer l’impact et la durée, ont refroidi l’élan des marchés. A commencer par la menace nucléaire au Japon. S’il est possible d’estimer au cas par cas les répercussions du tremblement de terre et du tsunami sur les chaînes d’approvisionnement industrielles, personne ne sait en revanche évaluer les effets des accidents à la centrale du site de Fukushima-Daiichi. Par ailleurs, la visibilité sur les événements politiques au Moyen-Orient est faible, un environnement propice au renchérissement des cours des produits pétroliers. Qui peut prédire jusqu’où ces derniers vont monter et pendant combien de temps ? Ensuite, la volonté affichée par la Banque centrale européenne de relever ses taux prochainement sans dévoiler ni de calendrier précis ni de fourchette ajoute encore un peu plus de flou. Toutes ces incertitudes préoccupent les investisseurs.

Quels sont les moteurs des marchés d’actions européens ?

La perspective de remontée des taux d’intérêt en est l’un des soutiens avec le transfert des capitaux placés en obligataire en direction des actions. Ces flux sont d’autant plus favorables qu’ils s’effectuent dans un marché où les volumes d’échanges sont modestes. L’autre argument susceptible de convaincre d’acquérir des titres cotés est la faible valorisation des indices européens. Quasiment au niveau de septembre 2009, l’indice CAC 40 est loin d’avoir rattrapé son retard. Pourtant, les anticipations de croissance de résultats des entreprises sont bien plus attrayantes aujourd’hui qu’il y a près de deux ans. Le rendement moyen des valeurs européennes également, de 4 % en moyenne, devrait séduire les investisseurs, à comparer aux 2,5 % fournis par les titres américains. Cela dit, nous ne recherchons pas les sociétés susceptibles de procéder à des rachats d’actions. Nous estimons que ce procédé reflète avant tout un manque d’idées pour investir et se développer.

Avez-vous modifié votre tactique d’investissement ?

Non car, sur le fond, les fondamentaux restent positifs à notre avis, sous réserve que la situation n’empire pas au Japon ou au Moyen-Orient. Les importantes liquidités disponibles destinées à être investies devraient continuer d’alimenter la reprise des fusions-acquisitions. Les petites et moyennes capitalisations sont les mieux placées pour en profiter. De plus, la relance des investissements devrait bénéficier à des secteurs comme les services informatiques et de conseils avec des sociétés comme Alten, Akka Technologies ou Sopra. Nous privilégions aussi les groupes qui bénéficient des débouchés des pays émergents.

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