Centenaire de L'Agefi - Volet 6

La fin du « mur d’argent » et des « 200 familles »…

le 31/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Parmi « les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste », le Conseil national de la Résistance (CNR) avait inscrit « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ». Le 2 décembre 1945, l’Assemblée nationale constituante fraîchement élue votait la loi « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit ». Le ressentiment contre les « 200 familles » et le « mur d’argent » dénoncé dans les années 20 par Edouard Herriot est tel que le score sera sans appel : 521 voix pour et 26 contre. La Banque de France passe sous contrôle public, exit le conseil de grands banquiers et industriels qui y faisaient la pluie et le beau temps. Les quatre plus grandes banques de dépôt de l’époque (Société Générale, Crédit Lyonnais, Banque Nationale du Commerce et de l’Industrie, Comptoir National d’Escompte) sont elles aussi nationalisées à 100 %. Mais contrairement aux entreprises qui ont collaboré avec l’Occupant (Renault), les actionnaires seront indemnisés. Le dispositif sera complété en 1946 avec la nationalisation partielle du secteur des assurances. Même si cette loi obéit à des motivations largement idéologiques (le CNR était fortement marqué à gauche), elle correspond aussi au désir du pouvoir issu de la Résistance de réorganiser le système de financement de l’économie française pour le mettre au service du redressement du pays.

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