L'avis de... Raymond Van Der Putten, économiste de BNP Paribas

« Les exportations contribuent significativement à l’emploi »

le 14/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Le Royaume des Pays-Bas peut-il perdre son « AAA » ?

Il ne faut jamais l’exclure, mais je ne le pense pas. Son économie a de solides fondamentaux. Le ratio dette publique sur PIB du pays atteint 70 %, inférieur à celui de l’Allemagne qui s’élève à près de 82 %. Qui plus est, le paiement des intérêts nets liés à la dette est très faible, de 1,6 % du PIB seulement. Les encours de crédit aux ménages sont élevés certes, mais les actifs financiers qu’ils détiennent le sont encore plus, sans compter leurs participations aux fonds de pension. Ensuite, la balance courante est régulièrement et largement excédentaire. Lors des quatre derniers trimestres, le surplus courant a représenté 10 % du PIB. Les Pays-Bas font partie des économies les plus compétitives au monde, ses exportations contribuant d’une manière significative à la croissance et l’emploi. Un autre avantage comparatif par rapport aux autres pays de la zone euro est la flexibilité de son marché du travail. Le taux de chômage demeure relativement bas, à un taux de 5,4 %, en hausse de seulement un point en un an, alors que le PIB a reculé de 0,9 % en 2012.

Les prix de l’immobilier vont-ils encore baisser ?

La baisse des prix, avec celle des transactions, amorcée dès le début de la crise financière en août 2007, devrait encore se poursuivre en 2013, mais le point bas n’est plus très loin. Le marché immobilier ne souffre pas d’un important excédent d’offre comme dans le cas de l’Espagne. Lorsque les prix seront stabilisés et les perspectives économiques améliorées, la confiance reviendra et les jeunes pourront enfin à nouveau devenir des primo-accédants, ce qui devrait stimuler la croissance. Les initiatives prises par le gouvernement visant à diminuer l’endettement des ménages sont pertinentes d’un point de vue structurel mais très dosées. Elles mettront donc du temps à produire leurs effets. Les autorités n’ont sans doute pas voulu prendre de mesures trop drastiques afin de ne pas mettre plus en difficulté des ménages déjà trop endettés.

La nationalisation de SNS Reaal remet-elle en cause les objectifs budgétaires ?

Le coût pour l’Etat de la nationalisation du bancassureur SNS Reaal est de 3,7 milliards d’euros, mais il ne faut pas oublier qu’en décembre, le Trésor néerlandais a engrangé 3,8 milliards d’euros avec la mise aux enchères des nouvelles fréquences 4G. Ce sauvetage ne remet pas en cause les objectifs budgétaires du gouvernement. Au contraire, il montre sa volonté de maintenir la stabilisation du système financier néerlandais.

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