Euronext propose une alternative à la distribution transfrontalière des fonds français

le 20/02/2014 L'AGEFI Hebdo

 Les gérants français auraient-ils trouvé la solution pour mieux s’exporter ? Euronext va permettre, d’ici au deuxième trimestre, l’admission sur le marché parisien des fonds ouverts domiciliés dans l’Hexagone. Jusqu’à présent, seules les parts de trackers pouvaient être négociées en Bourse. Un décret publié le 30 janvier étend cette possibilité à l’ensemble des OPCVM tricolores.

Avec ce nouveau service, baptisé Euronext Fund Service, l’opérateur de marché veut offrir aux sociétés de gestion un canal de distribution en Europe. Leurs OPCVM qui seront directement consultables sur la cote parisienne seront plus visibles. Les fonds français rencontrent en effet un intérêt très relatif de la part des investisseurs étrangers. « L’objectif est de leur donner accès à une large base d’investisseurs par le biais de la communauté d’Euronext, qui compte plus de 200 membres à travers l’Europe dans le cadre d’un marché réglementé tout en leur assurant les services de compensation et de règlement-livraison fournis par LCH Clearnet et Euroclear », explique Anthony Attia, le nouveau patron d’Euronext, qui précise que le lancement de ce service ne suppose pas de développement technologique spécifique. Le même type de service est déjà opérationnel depuis 2007 à la Bourse d’Amsterdam.

Ce projet a été mené en partenariat avec les sociétés de gestion. « Ils nous l’ont présenté en fin d’année dernière, indique Eric Pagniez, délégué général adjoint de l’AFG (Association française de la gestion financière). Nous avons été particulièrement vigilants à ce que la cotation ne soit pas subie et qu’il n’y ait pas d’autre prix possible que celui de la valeur liquidative pour éviter les risques d’arbitrage. » De fait, la demande d’admission sera faite par la société de gestion et les ordres de souscription seront traités sur la base de la valeur liquidative du jour. Reste désormais à définir le tarif d’un tel service. Le coût pour les fonds néerlandais faisant appel à ce service sur Euronext Amsterdam est de 5.000 euros pour l’admission et de 2.500 euros par an.

Euronext brandit fièrement les bons chiffres obtenus à Amsterdam : 200 des 600 fonds de droit batave sont traités à la Bourse d’Amsterdam avec un volume d’échange quotidien de 57 millions d’euros en 2013. Au départ, il n’y avait pas de demande spécifique à ce sujet des sociétés de gestion et que le projet est surtout venu d’Euronext. A priori, les petites structures semblent être les cibles privilégiées. Toutefois, ce nouveau service ne sera une réussite que si des sociétés de gestion majeures décident de demander l’admission de certains de leurs fonds.

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