ETF Actions chinoises, un accès direct au marché local

le 31/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Après Deutsche Bank, Lyxor lance son tracker d’actions de catégorie A. L’indice CSI 300 conjugue diversité sectorielle et meilleure couverture du marché.

Longtemps, la seule possibilité d’exposition au marché chinois donnée aux investisseurs était de capter la performance des actions… offshore (MSCI China, FTSE China, HSCEI…). C’est-à-dire celles cotées à Hong Kong. Depuis peu, les promoteurs d’ETF ont mis au point des produits adossés à des actions de catégorie A, à savoir des titres émis par des sociétés de République populaire de Chine (à l’exclusion de Hong Kong) et négociés sur les Bourses de Shanghai et de Shenzhen. Dernière initiative en lice, celle de Lyxor, qui vient de mettre au point Lyxor Ucits ETF CSI 300 A-Share.

« Après avoir proposé un tracker qui réplique le Hang Seng China Enterprises (HSCEI), un indice composé de 40 valeurs cotées à Hong Kong (actions de catégorie H), nous avons complété cette logique pays par un accès à un indice étendu de 300 valeurs domestiques »,souligne Marlène Hassine, headETF Recherche chez Lyxor. Un lancement dicté par le timing. Au sein des pays émergents, la Chine est restée attractive pour les investisseurs. Un constat partagé par d’autres maisons de gestion. « Sur leur exposition aux marchés émergents, nos investisseurs ont cette année préféré avoir une exposition pays (Chine, Indonésie, Mexique…) plutôt qu’une exposition globale du type Emerging Markets Asia ou Latam (Amérique latine),retrace Houda Ennebati, responsable France de db X-trackers.Et la Chine est le pays, au sein des marchés émergents, qui a attiré le plus de flux, à l’image de notre ETF DB X-Trackers CSI 300 dont les encours atteignent aujourd’hui plus de 900 millions dollars. »Les perspectives macroéconomiques de ce grand pays expliquent l’intérêt des investisseurs. Mais pas seulement. « Nous sommes dans un processus de libéralisation des marchés financiers chinois, ajoute Marlène Hassine.A terme, les actions de catégorie A devraient intégrer les indices globaux type FTSE, MSCI… » En outre, l’indice CSI 300 offre une couverture étendue du marché local.

Mode de réplication synthétique

« Les titres de catégorie A représentent environ 55 % de l’univers d’investissement chinois », relève Marlène Hassine, insistant sur sa profondeur. Les actions de catégorie H pèsent pour 22 %, le reste se partageant entre les titres Red Chips, composés d’actions chinoises listées à Hong Kong mais plus ou moins contrôlées par l’état chinois, les P-Chips, qui sont des actions d’entreprises cotées à Hong Kong dont l’activité est en majorité effectuée en Chine mais qui sont établies aux Bermudes, aux Caïmans, dans les îles Vierges… et les actions de catégorie B, qui regroupent les titres listés à Shenzhen et à Shanghai et libellés en dollar américain ou hongkongais.

Autre atout d’une exposition à cet indice : accéder à une diversité sectorielle. Les trois principaux secteurs de chaque indice pèsent 62,8 % de l’indice contre 88,68 % pour le HSCEI, 84,25 % du coté du FTSE China, tandis que pour le MSCI China ce poids atteint 65,31 %. « En outre, le grand avantage du CSI 300 tient à l’importante représentation des valeurs de la consommation (11,56 % contre 6,39 % pour le HSCEI), en lien direct avec la transformation de l’économie chinoise », explique Marlène Hassine. Enfin, avec un panel de 300 valeurs, les poids lourds de l’industrie chinoise y sont logés : Citic Securities, Ping An Insurance Group Company of China, Petrochina, ZTE…

Ces deux ETF fonctionnent selon le mode de réplication synthétique. Une « culture » maison pour les deux promoteurs, historiquement attachés à cette technique. « Concrètement, notre banque contrepartie, Deutsche Bank AG, s’est vu attribuer un quota en 2006 : le Qualified Foreign Institutional Investor (QFII), qui permet aux investisseurs étrangers qualifiés d’investir dans le marché chinois,détaille Houda Ennebati. La contrepartie du ‘swap’ dans ce modèle synthétique a ainsi la possibilité d’acheter les actions constitutives de l’indice et d’en retourner la performance à l’ETF. »Alors que l’organisme de régulation de marchés, la China Securities Regulatory Commission, avait proposé en 2002 des QFII pour un montant total de 30 milliards de dollars, il rehaussait ce plafond à 80 milliards en juillet 2012 pour annoncer en juillet dernier que ce quota atteindrait 150 milliards, sans en indiquer précisément le calendrier. « Néanmoins, le mouvement d’ouverture est acté et l’initiative de la Chine est précurseur d’un soutien supplémentaire aux actions de catégorie A »,anticipe Houda Ennebati. Enfin côté performances, l’indice CSI 300 tire son épingle du jeu : alors que l’indice HSCEI affiche une contre­performance de -5,4 % (conversion en yuan faite) du 31 décembre 2012 au 21 octobre dernier, le CSI 300 délivre, lui, 0,41 % sur la même période. 

A lire aussi