L'avis de... Chris Cummings, directeur général de CityUK*

« Les entreprises financières britanniques sont favorables à des règles uniformes »

le 01/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Pensez-vous que la bataille entre le Royaume-Uni et l’Union européenne s’intensifie ?

Le sentiment d’une aggravation des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne est à mettre partiellement sur le compte de la nature des médias britanniques toujours à l’affût de conflits. Le Royaume-Uni a dû s’adapter aux évolutions de la réglementation en matière de services financiers. Avant la crise, les sociétés financières britanniques concentraient l’essentiel de leurs relations avec la Financial Services Authority (FSA) et le Trésor, et même si l’agenda européen n’était pas ignoré, il apparaissait tout à fait secondaire dans l’esprit de ces entreprises, convaincues de la toute-puissance du régulateur domestique. Aujourd’hui, ces entreprises ont dû s’adapter au nouveau paysage réglementaire, parfois dans la douleur, et ont pris conscience qu’il leur fallait accroître leur visibilité devant la Commission européenne, afin de promouvoir la stabilité financière sans pour autant tomber dans un système rigide qui empêcherait la création d’emplois au Royaume-Uni comme en Europe.

Vu de la zone euro, le Royaume-Uni est très critique à l’égard des instances européennes. Est-ce le cas vu de Londres ?

Il est certain que quelques directives ne sont pas bien vécues de ce côté-ci de la Manche. La taxe sur les transactions financières aurait ainsi un poids énorme sur Londres et serait disproportionnée. De même, le débat sur les chambres de compensation est regrettable car Londres dispose d’une véritable expertise dans ce domaine depuis très longtemps. Cependant, les entreprises financières semblent de plus en plus persuadées de l’intérêt d’avoir une politique harmonieuse avec les instances européennes. Une étude récente montre que pour la toute première fois, les entreprises financières britanniques, tous secteurs confondus, ont déclaré être en faveur d’un « single rule-book », un ensemble de règles uniques au détriment du principe de discrétion nationale, pourtant cher aux législateurs. Ces institutions considèrent que la réglementation britannique serait plus sévère que les règlements européens…

*Représente les intérêts de la place financière de Londres

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