Centenaire de L'Agefi - Volet 3

Un enterrement de ministre...

le 10/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Il y a foule ce vendredi 24 février 1928 au matin au cimetière du Père Lachaise pour rendre un dernier hommage à Yves Guyot. En soixante ans de vie publique, le directeur de L’Agence économique et financière s’est fait beaucoup d’amis, de relations et d’obligés. En tout cas, note l’Agence dans son édition du lendemain, « le monument crématoire était trop petit pour contenir l’affluence nombreuse représentant les milieux politiques, diplomatiques, économiques et financiers ». Dans la foule, on reconnaît des parlementaires, plusieurs ex-présidents du Conseil, d’anciens ministres, des préfets, des ambassadeurs, un représentant personnel du président de la République, des membres de cabinets ministériels.

Le monde financier, où Yves Guyot avait compté tant de connaissances, était bien représenté avec une brochette de présidents de banques entourant le syndic des agents de change. Et la presse avait délégué ses plus éminents représentants : le rédacteur en chef du Matin était là, cotoyant son homologue du Temps, au milieu d’une pléiade d’émissaires de la presse économique et financière où l’on reconnaissait les responsables de L’Agence Fournier, de L’Information, de La France économique et financière... Noyé au milieu de la foule, un homme dont l’uniforme de colonel tranchait sur les redingotes et les vestons sombres, Alfred Dreyfus, reconnaissant envers Yves Guyot d’avoir été un des ses premiers et plus ardents défenseurs.

Dans son éloge funèbre, Henri Coulon, administrateur de l’Agence, rendait un ultime hommage à ce travailleur « infatigable et curieux de tout » relevant que « sa mort est survenue en plein travail si bien qu’on peut dire, non qu’il a cessé de vivre, mais qu’il a cessé de travailler ».

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