Rencontre avec... Kinji Yasu, président-directeur général d’Intercontinental Ressources*

« Les énergies alternatives devraient avoir des coûts compétitifs avant 2030 »

le 21/03/2013 L'AGEFI Hebdo

D’autres réformes vont-elles être annoncées après les élections de la Chambre haute en juillet ?

« Abenomics », le programme du LDP (Parti libéral démocrate) qui a permis à Shinzo Abe de devenir Premier ministre en décembre dernier, comprend de multiples annonces de projets qui nécessitent des efforts coordonnés. L’innovation, par exemple, en est l’un des mots clés. Mais pour qu’elle progresse véritablement, il faudra qu’une dérégulation plus agressive soit mise en œuvre. C’est pourquoi nous nous attendons à beaucoup d’autres annonces de réformes encore, après les élections de la Chambre haute.

La dépréciation du yen par rapport au dollar va-t-elle se poursuivre ?

La vraie question est celle du rétablissement de l’économie réelle. A cet égard, le nouveau gouverneur de la Banque du Japon a insisté sur le fait que la nouvelle cible d'inflation de 2 % serait réalisée. Afin d’y arriver, de grands employeurs - et leur nombre est déjà suffisant - annoncent des augmentations de salaires. Lawson, par exemple, va augmenter de 3 % les rémunérations annuelles de ses salariés âgés de 20 à 40 ans. Une tendance favorable à la poursuite de la dépréciation de la devise japonaise. Ainsi, je pense qu’une parité de 100 yens pour un dollar pourrait être atteinte dans les six à neuf prochains mois.

Dans quels secteurs l’expertise des entreprises françaises peut-elle intéresser la région de Tohoku ?

Les entreprises françaises, et d’ailleurs toutes celles qui peuvent contribuer à un apport technologique ou financier dans les énergies renouvelables, l’isolation, l’agriculture, sont les bienvenues dans le Tohoku. En fait, Areva, présent depuis des années en faisant affaire avec les centrales électriques, pourrait faire partie des investisseurs étrangers les plus importants de la région. Mais il est vrai que le groupe a la réputation de facturer des honoraires élevés. Il y a eu des spéculations quant à une approche économique légèrement revue de sa part. Un autre sujet d’actualité est l’ouverture des négociations en vue d’un accord de libre-échange avec l’Europe. Dès qu’il sera équitable, les entreprises japonaises lui réserveront un bon accueil. Le Keidanren (Fédération des entreprises japonaises) a déjà exprimé plusieurs fois son approbation à cet accord formel.

L’objectif du « zéro nucléaire » à l’horizon de 2030 va-t-il être remis en cause par le gouvernement de Shinzo Abe ?

La position du « zéro nucléaire en 2030 » devrait rester inchangée. Car en réalité, les sources alternatives d’énergie devraient avoir des coûts suffisamment compétitifs avant 2030.

*Société de conseil aux entreprises.

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