L'avis de... Ciaran O'Hagan, responsable de la recherche Taux à Société Générale CIB

« Les émissions de titres publics vont diminuer d’environ 13 % »

le 13/01/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont vos estimations d’émissions de titres souverains pour 2011 et les années suivantes ?

Nous estimons les besoins de financement des Etats de la zone euro à 825 milliards d’euros sachant que la Grèce et l’Irlande sont hors marché. Le volume monte à 858 milliards en tenant compte des levées de fonds de l’Union européenne pour alimenter le FESF* et le MSE**. En brut, les émissions de 2011 seront inférieures d’environ 13 % par rapport à celles de l’an dernier. C’est dû tout simplement aux programmes de consolidation des finances publiques. La plupart des pays annoncent des déficits compris entre 3 % et 7 % du PIB, en très nette réduction par rapport à 2010. De ce fait, les émissions nettes des tombées de titres passent de 390 à 269 milliards d’euros. A une condition bien entendu, que les gouvernements tiennent leurs engagements en matière budgétaire.

Comment s’annonce la situation pour les années suivantes ?

Compte tenu des importants volumes émis ces dernières années à court terme, les remboursements seront plus importants en 2012 et 2013. Nous prévoyons 630 milliards de remboursements en 2012. Les taux de renouvellement de la dette qui inclut les remboursements et les titres à moins d’un an du marché monétaire vont donc rester élevés. Ils sont de l’ordre de 20 % pour la plupart des pays européens, avec un ratio beaucoup plus élevé aux Etats-Unis, et heureusement plus bas en Irlande et en Grèce. La dette remboursable sera environ de 575 milliards en 2013, en supposant que 100 milliards d’obligations à 2 ans soient émises en 2011. Cette situation reflète le creusement rapide des déficits publics ces deux dernières années et donc les besoins de trésorerie importants des Etats. Mais aujourd’hui, ces derniers affichent leur volonté d’allonger la duration de la dette. Ce qui est une bonne politique au vu des difficultés qui attendent la zone euro.

Faut-il s’inquiéter des montants importants de remboursement à certains moments de l’année ?

Pas forcément. Remboursements élevés et distribution de coupons signifient pour les investisseurs beaucoup de liquidités à réinvestir. A cet égard, les flux entrants dans le marché seront élevés cette année avec un point haut en juillet à 122 milliards d’euros : 93 milliards de remboursements et 34 milliards de paiement de coupons. Comme en 2010, nous pourrions assister, grâce à cet afflux de capitaux, à un resserrement des spreads au cœur de l’été.

*Fonds européen de stabilité financière

**Mécanisme de stabilité européen

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