L'avis de... Brigitte Le Bris, directeur de la gestion obligataire internationale chez Natixis AM

« Le dollar sert de couverture quand l’aversion au risque s'accroît »

le 02/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont les stratégies d’investissement en devises les plus pratiquées actuellement ?

La stratégie la plus utilisée est celle appelée « global macro » qui repose sur l’anticipation des données macroéconomiques. Cette tendance explique d’ailleurs en partie la forte volatilité des taux de change observée aujourd’hui ; les incertitudes concernant l’évolution de notre environnement économique sont grandes. Difficile de prévoir avec exactitude le rythme de croissance du PIB des Etats-Unis dans les trimestres à venir, ce que sera l’après-QE2 (deuxième phase d’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale, NDLR) ou la sortie de crise des pays périphériques en zone euro. La stratégie du carry trade, quant à elle, plus spéculative en se basant essentiellement sur l’observation des différentiels de taux d’intérêt court terme, a perdu du terrain depuis la faillite de Lehman Brothers. Les leviers ont été divisés par deux. L’analyse technique ou chartiste reste toujours un élément important dans les stratégies devises mais sans doute utilisée de manière moins isolée que précédemment.

Quelles sont les principales devises refuges ?

Lorsque l’aversion au risque remonte, le dollar redevient une devise refuge. Les gestionnaires se couvrent avec le billet vert qui s’apprécie mécaniquement par rapport à l’euro et par rapport aux devises émergentes. Le franc suisse sert de couverture face aux aléas européens. Enfin, le yen, sur lequel il ne se passe plus grand-chose actuellement, conserve son statut de monnaie refuge en cas de grande crise, soutenu par l’excédent de la balance commerciale japonaise.

Existe-t-il des corrélations entre les variations des devises et d’autres classes d’actifs ?

En temps normal, non. En général, les devises sont décorrélées des marchés d'actions et des matières premières, sauf lorsque l'aversion au risque s'accroît, ce qui est le cas en ce moment… Tandis que les actifs risqués se replient, le dollar s'apprécie.

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