Catherine Vialonga, directeur des investissements, et Thibaud Sybillin, chargé de la sélection des sociétés de gestion à l’Erafp*

« Une diversification progressive de nos actifs »

le 11/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel processus suivez-vous pour la sélection des gérants dans vos mandats de gestion ?

La réglementation de l’Erafp* nous oblige à déléguer la gestion de nos portefeuilles à des sociétés de gestion, sauf en ce qui concerne les obligations souveraines OCDE**, dont la gestion est internalisée et qui représentent 60 % de nos actifs en valeur boursière. La sélection de nos gérants s’effectue par une procédure d’appels d’offres publics. Tous les investissements du régime étant placés dans le respect d’une politique 100 % ISR (investissement socialement responsable, NDLR), nous imposons aux candidats d’être capables d’intégrer dans leur processus de gestion notre référentiel dans ce domaine.

Quelles ont été les autres évolutions marquantes de vos contraintes de gestion ?

Nous travaillons sur une diversification progressive de nos actifs. Elle nous est permise par la duration de notre passif qui est relativement longue et par des cash-flows nets positifs au moins jusqu’en 2060. Nous pouvons nous permettre d’être plus contrariant et d’aller sur des classes d’actifs moins liquides. C’est le cas notamment de l’immobilier pour lequel deux appels d’offres sur la France (310 millions d’euros) et sur l’Europe (350 millions) sont actuellement en cours. Un autre appel d’offres concernant les obligations convertibles sur l’Europe (80 millions d’euros) et le monde (130 millions) devrait être notifié dans les prochaines semaines. Nous menons aussi une réflexion sur le private equity mais il est trop tôt pour en parler puisque cela impliquerait une modification de notre cadre réglementaire.

Vous intéressez-vous aux stratégies dites flexibles ?

Parmi les derniers appels d’offres initiés cette année, nous en avons lancé un sur de la gestion multiclasse d’actifs. L’objectif n’étant pas d’avoir un fonds profilé mais de pouvoir aller sur des classes d’actifs périphériques (obligations à haut rendement, petites capitalisations, valeurs des pays émergents…) avec la réactivité et la souplesse nécessaires pour ce type d’investissement. Le portefeuille sera géré en fonction d’un budget de risque.

*Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique.

**Organisation de coopération et de développement économiques

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