Entretien avec... Julien Tizot, responsable de la gestion alternative chez Agicam (groupe AG2R La Mondiale)

« La directive répond aux demandes de transparence, reporting ou sécurité »

le 25/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Que vous apportent les stratégies alternatives dans votre gestion de portefeuille ?

La gestion alternative nous permet d’améliorer le couple rendement/risque de nos portefeuilles et leur diversification au travers d’instruments et de stratégies décorrélées des classes d’actifs traditionnelles. Autre avantage : ces gérants nous apportent des données macro et microéconomiques ou sur les flux de marchés que nous pouvons utiliser dans nos autres stratégies plus traditionnelles. Aujourd’hui, l’alternatif représente 300 millions d’euros de nos portefeuilles assurantiels et retraite, moins de 1 % de nos actifs. Nous investissons au travers de deux fonds de fonds diversifiés sous format Ucits, que nous gérons directement. Et au travers de deux autres fonds de fonds, dont la gestion est déléguée sur des stratégies plus complexes. Ces fonds sont sous format Aria 3, donc dans le spectre de la directive AIFM.

Voyez-vous cette régulation comme une contrainte ou comme une opportunité ?

La directive AIFM répond aux demandes exprimées par les investisseurs finaux en termes de transparence, reporting ou de sécurité et par les gérants en termes de politique d’investissement. Jusqu’à présent, pour être dans un cadre régulé, il fallait investir dans des fonds Ucits. Problème : si cette enveloppe offre une certaine sécurité, beaucoup de stratégies, notamment les moins liquides, ne sont pas transposables et ne répondent pas non plus à certaines attentes d’investisseurs institutionnels. Avec AIFM, nous disposons désormais d’un cadre réglementaire aussi sécurisé, voire mieux, que les Ucits, notamment en ce qui concerne les obligations du dépositaire, et d’un dispositif permettant aux gestionnaires alternatifs d’exprimer pleinement leurs convictions et leurs stratégies. Cela devrait être positif pour une industrie parfois décriée mais qui offre de réels avantages en termes de performance, préservation du capital ou réduction de la volatilité. Seule question : quels gérants joueront le jeu et demanderont des

agréments AIFM ?

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