L'avis de Jean Eyraud, président de l'Association française des investisseurs institutionnels (Af2i)

« La dette 'corporate' émergente encore marginale dans les portefeuilles »

le 09/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Les investisseurs institutionnels s'intéressent-ils à la dette « corporate » émergente ?

Ils s'y intéressent, mais sans pour autant toujours y investir ! En effet, la dette émergente, en souverain comme en

corporate, reste marginale dans les portefeuilles, comme le sont plus généralement les actifs des marchés émergents. Les investisseurs préfèrent se concentrer sur les marchés des pays de l'OCDE pour respecter des règles de congruence, qui exigent aussi que les actifs soient en grande partie couverts contre le risque de change, ce qui est à la fois complexe et couteux dans le cadre de fonds spécialisés sur ces marchés. La facilité de couverture du risque de change explique d'ailleurs la préférence des investisseurs pour la dette souveraine émergente en devise forte, alors que, théoriquement, le nombre élevé de devises dans un fonds de dette en monnaies locales assure un pouvoir auto-diversifiant, ce qui rend la couverture

de change peu nécessaire.

Sous quelle forme sont-ils investis ?

La gestion en direct de titres en devises est très peu répandue car elle s'adapte mal aux spécificités d'une gestion actif-passif. Les investisseurs institutionnels sont donc plutôt positionnés via des fonds. L'offre se développe dans plusieurs directions : la dette souveraine en monnaie forte, la dette souveraine en monnaie locale et la dette corporate. Certains investisseurs choisissent des fonds combinant dette souveraine et dette corporate. D'autres sont exposés via des paris tactiques de diversification au sein de gestions de taux internationaux sur les pays développés. D'après notre dernière enquête annuelle Af2i, la dette souveraine émergente et la dette corporateémergente représentent chacune environ 0,2 % des encours des investisseurs institutionnels français, les perspectives de nouveaux investissements étant plutôt stables.

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