Désormais unifié, Neuflize OBC veut reprendre son expansion

le 31/05/2012 L'AGEFI Hebdo

La banque privée, filiale d’ABN Amro, boucle le plan d’adaptation qui doit lui permettre de croître auprès des clients privés comme institutionnels.

Neuflize OBC en a terminé avec les réorganisations. Dernière grande étape du plan 2009-2012, « la fusion des systèmes d’information a été achevée début mai, se félicite Philippe Vayssettes, président du directoire de cette banque privée française, filiale du néerlandais ABN Amro. Elle nous fera notamment économiser 10 millions d’euros en année pleine dès l’an prochain, pour un investissement de 18,9 millions d’euros, matérialisant 23.000 journées-homme. »

Ce chantier suit l’unification des activités de banque privée et de banque d’entreprises en 2009 et, celle, l’année suivante, des sociétés de gestion d’actifs du groupe. Elles sont passées de six à deux : Neuflize Private Assets (NPA) et Neuflize OBC Investissements (NOI) (L’Agefi Hebdo du 3 juin 2010). Ces entités géraient fin 2011 25,7 milliards d’euros sur les 35,4 milliards d’actifs du groupe. Elles viennent de transférer la comptabilité de leurs portefeuilles de RBC Dexia à Caceis, devenu par ailleurs leur unique conservateur et dépositaire. Désormais, le groupe né en 2006 de la fusion d’OBC, de Neuflize et de son ancienne branche Entreprises, présente un profil unifié.

25 % d’économies

En 2008, la nationalisation d’ABN Amro a sonné l’arrêt du dépeçage du groupe, qui avait fait basculer Neuflize OBC dans le giron de Fortis (après son raid contre la banque néerlandaise mené avec RBS et Santander). « Pour la première fois depuis dix ans, nous avons pu nous concentrer uniquement sur notre développement organique », raconte Philippe Vayssettes. « Notre base de coûts sera en 2013 inférieure de 25 % à celle de 2008 » grâce à la rationalisation du dispositif. La crise a en revanche entamé les revenus (voir le tableau). « Jusqu’à l’été 2011, nous étions en avance sur nos objectifs 2012. Depuis, nous avons un léger retard, reconnaît le dirigeant. Nous visons pour cette année un retour au niveau de revenus et de résultats de 2010. Pour aller au-delà il faudra attendre 2013. »

Après un pic à 39 milliards d’euros mi-2011, les encours sont redescendus à leur niveau de fin 2010. Mais Neuflize OBC reste la première banque privée traditionnelle française (non adossée à un réseau bancaire), et la troisième du marché derrière BNP Paribas et Crédit Agricole SA (LCL et BGPI). Comme les autres, le groupe pâtit de l’érosion des marges liée à la hausse des coûts réglementaires, aux effets de marché et au désamour des particuliers pour la gestion d’actifs traditionnelle. Mais « il a pris de l’avance. Il a sectorisé ses banquiers tout en conservant ses franchises fortes, notamment dans le milieu de l’art et du cinéma et vis-à-vis des entrepreneurs. Il a aussi segmenté ses clients et travaillé sur sa rentabilité et sa tarification, explique Cécile Huntzinger, spécialiste de la banque privée chez Eurogroup Consulting. Il dispose également d’un assureur-vie maison (en ‘joint-venture’ avec Axa, NDLR), d’une petite banque d’affaires, de capacités de financements et même d’un site internet de banque transactionnelle ».

Pour améliorer son offre, Philippe Vayssettes a des projets, comme « créer des applications mobiles, un outil pour la gestion conseillée à côté des mandats de gestion, ou encore un système informatique pour travailler avec les apporteurs d’affaires en province ». Autre défi : diversifier les débouchés. Outre les clients d’ABN Armo et les distributeurs tiers, Neuflize OBC veut courtiser davantage les institutionnels grâce à son équipe de sept professionnels. Il compte doubler leurs encours pour les porter d’ici à deux ans à 15 ou 16 milliards d’euros, soit un tiers du total visé.

Afin d’étoffer ses expertises, Neuflize OBC n’exclut pas de petites acquisitions. « Fort de l’expérience passée, nous nous attacherons à privilégier des commerces de très bonne qualité permettant un retour sur investissement immédiat », indique Philippe Vayssettes. Sa maison mère considère la banque privée comme l’une de ses niches à l’international grâce à sa position de septième acteur européen, selon le classement 2011 de Scorpio Partnership. Elle a d’ailleurs renforcé sa présence en Allemagne l’an dernier en rachetant un fonds de commerce de LGT Bank. Mais son expansion est limitée par Bruxelles qui lui interdit de grosses acquisitions. ABN Amro a aussi vendu sa filiale suisse, un fonds de commerce de petite taille fragilisé par les difficultés de la place genevoise. De son côté, Neuflize OBC se sent à l’abri. « Nous sommes très solides grâce à notre ratio de solvabilité Tier one de 15,2 %, pointe Philippe Vayssettes. L’an dernier, nous avons remonté 100 millions d’euros de capital à notre maison mère et l’essentiel de notre résultat. » Alors que son avenir au-delà de 2013 reste incertain, ABN Amro pourrait encore avoir besoin de la manne française.

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