Derivatives Capital, premier conseil assembleur de produits structurés

le 16/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Cette société, trait d’union entre banques de financement et investisseurs, vise des solutions sur mesure au meilleur prix.

Si le produit proposé n’est pas nouveau, le service, lui, est une première. Derivatives Capital, agréé en octobre dernier par l’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel, est une entreprise d’investissement (EI) qui se propose d’assembler des produits structurés pour le compte d’institutionnels, d’entreprises et de banques privées. « Nous composons le produit nous-mêmes, résume Julien Marette, président de la société. Après avoir rédigé un cahier des charges précis du projet, notre équipe de structuration définit la stratégie et recherche un partenaire émetteur. » Autrement dit, la banque de financement et d’investissement (BFI) la mieux-disante.

Sélectionner la BFI

Pour cet ancien de Barclays Asset Managers France, alors responsable de la promotion des produits structurés en France et au Benelux, cet actif, un temps décrié, notamment suite aux déboires de souscripteurs de Benefic commercialisé par La Banque Postale, est une solution d’investissement attractive qui permet de définir un couple rendement/risque sur mesure. Dans les faits, un fonds garanti (ou à capital protégé) offre de capter tout ou partie de la performance d’un sous-jacent, parfois difficilement accessible en direct, et définit un rendement à l’avance, tout en protégeant les capitaux investis. Pour y parvenir, l’actif s’articule autour d’une composante obligataire (obligations à zéro coupon), qui permet de garantir le capital à échéance, et d’un moteur de performance, alimenté par le reliquat non investi, composé de produits dérivés voués à délivrer le rendement d’un sous-jacent déterminé.

Moyennant une mise initiale d’au moins 250.000 euros, les sept collaborateurs de Derivatives Capital proposent de créer une solution d’investissement sur mesure. Toutes les caractéristiques du produit sont passées en revue. « Nous déterminons avec l’investisseur l’enveloppe juridique (EMTN*, FCP*, certificat…), la sensibilité (capital garanti, protégé, effet de levier…), le sous-jacent à répliquer (matière première, actions, crédit… mais aussi fonds d’investissement en vogue, NDLR), la maturité et enfin l’émetteur qui sera garant de la structure », égrène Julien Marette. Sur ce dernier point, le conseil en structuration a passé des conventions avec vingt banques d’investissement françaises et étrangères dont la note s’échelonne de A à AAA. « Nous organisons un appel d’offres auprès de trois d’entre elles, présélectionnées en fonction de leur spécificité et de leur compétitivité sur la stratégie mise en place », explique-t-il. La politique de rémunération de Derivatives Capital est fondée sur des honoraires prélevés en fonction des capitaux confiés. Ces frais englobent toute une chaîne de services : le conseil en investissement, l’assemblage du produit, « mais aussi la réception et la transmission des ordres, le suivi administratif durant la vie de l’actif (fiscalité, ‘reporting’...) et, le cas échéant, l’accès au marché secondaire ou la restructuration du produit en cas de dysfonctionnement (contre-performance) », explique Julien Marette.

C’est cette notion de service après-vente qui a déjà séduit une dizaine d’institutionnels. Antin Epargne Pension, filiale du groupe BNP Paribas, est une usine de fabrication de contrats d’assurance-vie vendus sous marque blanche. « Nous achetons donc les unités de compte logées au sein de contrats multisupports commercialisés notamment par Orelis, réseau de conseillers indépendants, l’un des partenaires de Derivatives Capital, explique Yves Bidel, directeur général de la filiale de BNP Paribas. Le suivi de la stratégie du produit est sans conteste un service important. Outre le cadre réglementaire rassurant qui régit ce conseil, la transparence de sa politique tarifaire assure qu’il trouvera le meilleur produit au meilleur prix. » Du cousu main dont l’objet est de répondre à la problématique spécifique du client. « Une démarche sur mesure qui s’oppose à l’approche plus standardisée des BFI », souligne Yves Bidel.

Moins consommateurs pour les assureurs en termes de fonds propres que certaines classes d’actifs détenues en direct (actions…), les produits structurés devraient connaître un essor commercial. « Nous travaillons en partenariat avec nos émetteurs à la mise en place de solutions spécifiques aux contraintes de la directive Solvabilité II, poursuit-il. Nous réfléchissons par exemple à la garantie d’une valeur de rachat à la fin de chaque année. » Capital Dérivatives vise, d’ici à fin 2012, un volume d’affaires de 250 millions d’euros contre 100 millions quelques mois seulement après sa création.

*EMTN : ‘euro medium term notes’ ; FCP : fonds commun de placement

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