Rencontre avec... Shashank Srivastava, directeur général de la Qatar Financial Center Authority

« Le déploiement des services financiers du Qatar est primordial »

le 02/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelle est l’ambition du Qatar Financial Centre (QFC) ?

La mission du Qatar Financial Centre (QFC), créé par le gouvernement qatari en 2005, est de promouvoir le développement d’un secteur financier moderne, international et par conséquent compétitif. Ce mandat s’inscrit dans la « Qatar’s National Vision 2030 », feuille de route destinée à construire une économie moins dépendante des revenus provenant des hydrocarbures, c’est-à-dire diversifiée, surtout basée sur la « connaissance » (technologies, éducation, santé, services à valeur ajoutée) avec un secteur privé substantiel et dynamique. Ce besoin est impérieux. Au cœur de cette stratégie de long terme, le déploiement des services financiers du Qatar est primordial. Depuis le lancement du QFC, un long chemin a été parcouru. Plus de 170 licences ont déjà été attribuées, tant à des entreprises internationales que locales. Nous ciblons en particulier les gestionnaires d’actifs, les assureurs et réassureurs ainsi que les captives d’assurance. Encore naissante dans la région, l’industrie des services financiers est amenée à croître, tirée par la montée en puissance des partenariats publics privés dans les pays du Gulf Cooperation Council (GCC). Au cours des deux dernières décennies, ces projets ont dépassé les 49 milliards de dollars.

Quels sont ses atouts ?

Partie intégrante du secteur financier qatari et, de fait, de son économie, le QFC est une juridiction « onshore ». Ce n’est ni un paradis fiscal ni un centre « offshore ». Prenant exemple sur Singapour, son système légal est basé sur le droit coutumier anglais et est régulé par une autorité indépendante, la QFC Regulatory Authority (QFCRA). Il existe en outre une cour internationale indépendante (QFC Civil and Commercial Court), un centre de résolution de conflits, ainsi qu’un tribunal (QFC Regulatory Tribunal) permettant de faire appel aux décisions des entités du QFC. Ensuite, conformément à la loi de fin 2012, nous mettons en place un régulateur financier intégré qui rassemblera la Qatar Central Bank, le QFCRA et la Qatar Financial Markets Authority (régulant le Qatar Exchange). Autre caractéristique, l’environnement fiscal est attrayant. Les profits réalisés localement sont taxés à 10 % au maximum. Les fonds communs d’investissement enregistrés par le QFC sont exemptés d’impôt pendant leur durée de vie. Il n’y a aucune retenue à la source sur la distribution hors des fonds. Les gestionnaires aussi sont taxés à 10 % comme les autres entités enregistrées par le QFC.

Quels nouveaux produits financiers souhaitez-vous développer ?

Nous continuons d’étoffer notre offre. Outre l’élargissement de notre marché actions, nous renforçons celui de la dette d’entreprises. Les émissions plus régulières de titres d’Etat permettent de construire notre courbe des taux. Nous prévoyons aussi de créer des ETF (exchange-traded funds, NDLR) et de développer un environnement plus favorable à la gestion d’actifs conforme à la charia.

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