Rencontre avec... Pierre Bollon, délégué général de l'Association française de la gestion financière (AFG)

« Les départs ne sont pas liés à la qualité de la place de Paris »

le 20/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Les filiales de groupes étrangers représentent 15 % des membres de l'AFG, soit plus de 70 sociétés de gestion. La France est-elle une terre d'accueil particulièrement attractive pour les gestionnaires ?

Oui, notre écosystème est favorable à l'implantation de sociétés de gestion grâce à la présence de fournisseurs de services, de cabinets d'avocats, de dépositaires, d'auditeurs, de valorisateurs, dans un cadre réglementaire sécurisé. C'est une réalité que nous nous attachons à mieux promouvoir dans le cadre de Paris Fund Industry* qui vise notamment à inciter les sociétés de gestion à s'implanter en France. Ainsi, nous organisons des événements à l'étranger et recevons régulièrement à l'AFG des délégations étrangères de sociétés de gestion, mais aussi de ministères des Finances, de régulateurs ou d'investisseurs.

Quelle est la tendance après quatre années de crise ?

Partout dans le monde, les sociétés de gestion cherchent aujourd'hui à rationaliser leurs coûts. L'avenir des implantations locales fait, dans ce cadre, l'objet d'un examen précis. Par ailleurs, la directive Ucits IV permet désormais, grâce au passeport européen des sociétés de gestion, de lancer des fonds locaux depuis un autre pays. Mais les éventuels départs de sociétés de gestion qui détiennent une filiale française seront liés à cette rationalisation des coûts, et non à la qualité de la place de Paris, dont nous nous attachons à renforcer et à faire valoir la compétitivité. Un point essentiel : être une société de gestion à Paris reste un atout quand on s'adresse aux investisseurs français.

*Initiative lancée en octobre 2011 par l'AFG, l'AFTI (Association française des professionnels des titres), le Trésor, Paris Europlace et l'Autorité des marchés financiers pour promouvoir l'industrie française de la gestion.

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