L'avis de... Pierre-Henri Leroy, président de Proxinvest

« Une démocratie truquée »

le 24/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Que pensez-vous de la possibilité de voter avec des titres empruntés ?

Pas beaucoup de bien. Lors de tentatives de prise de contrôle, le recours au vote de titres empruntés peut fausser le vote démocratique au cours d’assemblées générales, et cela en toute légalité. Malgré la révélation de nombreux abus en la matière, il est étonnant qu’aucune réforme efficace n’ait été mise en œuvre. Cette inertie s’explique peut-être par le souci de confort des intermédiaires professionnels de ces opérations de dérivés mais aussi par la timidité des investisseurs.

Comment pourrait-on aménager cette pratique ?

Il faudrait d'abord pénaliser lourdement l'exercice du vote sur des actions promises à la revente, et au moins exiger de tout intervenant de ces opérations de prêts de titres d’appliquer aux titres détenus à la date d’enregistrement (record date) de l’assemblée, une politique de vote de long terme, publiée et confiée à un prestataire tiers. A moins que l’intermédiaire ne s’engage à appliquer la politique de vote de l’investisseur prêteur.

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