Déficits publics, tenir les promesses

le 10/05/2012 L'AGEFI Hebdo

C’est rituel. A chaque élection du chef de l’Etat, les présidentiables s’engagent à réduire le déficit public. Mais des paroles aux actes, le fossé est large et un coup d’œil en arrière dévoile un

track recordbien différent des intentions initiales. Depuis plus de 35 ans, les gouvernements successifs ont empilé les déficits budgétaires sans jamais revenir une seule fois à l’équilibre. Cette fois, il devra en aller autrement. La crise des dettes souveraines, l’écartement du spreadOAT/Bund, la dégradation du « AAA » de la France par Standard & Poor’s, l’importance de la charge de la dette... sont autant d’avertissements du marché. Sauf cataclysme, plus question de ne pas tenir sa parole sous peine de sanctions. François Hollande a promis le retour à l’équilibre des comptes publics pour 2017, sur la base d’une croissance économique de 2 % et plus l’an à partir de 2014, un cadrage « macro » qui laisse dubitatif plus d’un économiste. Cet effort va nécessiter de trouver 90 milliards d’euros, 50 milliards d’économies sur la dépense publique et 40 milliards d’impôts et de taxes supplémentaires. Dès la session de juillet, le Parlement sera saisi du projet de loi de programmation pluriannuelle des finances publiques. Une innovation possible pour la gestion de la dette. En ces temps de « renationalisation » des dettes souveraines européennes, François Hollande entend canaliser une partie de l’épargne des Français vers les obligations d’Etat « en direct ». Il est vrai que la traditionnelle détention indirecte via l’assurance-vie s’est essoufflée ; elle ne représente plus que 20 % de la dette négociable.

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