D’autres solutions existent…

le 19/01/2012 L'AGEFI Hebdo

En tête de gondole, des produits dont l’objet est de déplacer le risque de l’assureur vers l’assuré. Première solution simple mais efficace : la «prime» aux plus audacieux. Il s’agit pour les compagnies de délivrer un surplus de performance aux souscripteurs qui auront privilégié les unités de compte. Du côté d’Axa France, le dispositif Bonus Euro + y répond. «Si 25 % au moins des encours du contrat sont alloués aux actifs risqués, la rémunération du fonds est majorée de 15 centimes», décrypte Nicolas Deschamps, directeur du marché Affluent et Retraite d’Axa France. Allianz a également opté pour une "prime au risque" à destination de ses assurés les plus hardis, avec des rendements qui oscillent entre 2,80 % pour les plus timorés et 3,37 % pour les premiers. Axa France va même jusqu’à accompagner ses clients avec des solutions clé en main. Le groupe propose «des conventions de gestion, explique Sébastien Vuillaume, directeur de la diversification chez Axa France, qui déterminent un niveau de risque adapté au profil du client. La convention Précaution alloue les actifs de l’investisseur à hauteur de 75 % en fonds en euros et 25 % en unités de compte. Si cette répartition est modifiée à mesure de l’évolution des marchés, elle est rétablie à chaque date anniversaire». Un package qui a rapporté à ses souscripteurs une performance de… 0,7 % net sur un marché à -17 %. A noter toutefois que l’arbitrage automatique est par nature décorrélé de toutes considérations macroéconomiques et financières… l’allocation nouvellement revue pouvant ne pas être des plus pertinentes.

Comme l’énonce l’adage, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. A ce titre, Cyrille Chartier-Kestler, président du cabinet Facts & Figures, prône la constitution, par les investisseurs, de leur propre solution en plaçant une partie de leurs avoirs dans des unités de compte (parts de Sicav et de fonds communs de placement), le reste étant maintenu dans un fonds en euros. L’objectif est alors de "booster" la performance du portefeuille. Mais il existe un risque de perte en capital. L’enjeu est de bien choisir le type de fonds dans lequel investir. «Un fonds comme Carmignac Patrimoine a vocation à être au cœur d’un portefeuille, un peu comme les fonds en euros, à la grande différence qu’il n’offre de garantie ni sur le capital, ni sur la performance», prévient Didier Saint-Georges chez Carmignac. Ce type de produit ne peut donc se substituer au fonds en euros. Mais du fait de ses caractéristiques, il joue la complémentarité. «Notre fonds Echiquier Patrimoine n’est pas investi en emprunts d’Etat et bénéficie d’une construction simple en trois poches monétaire, obligation 'corporate' et actions à haut rendement et affiche une volatilité inférieure à 2%», explique l’un de ses gérants Marc Craquelin. L’objectif étant d’assurer une plus grande diversification avec une volatilité maîtrisée. «Dans une gestion patrimoniale, nous prenons des risques mesurés et faciles à évaluer», poursuit Philippe Champigneulle, gérant chez DNCA dont le fonds diversifié Eurose est uniquement investi en actifs libellés en euro au minimum à 50% en obligations et à 30% en actions au plus sur des titres values. «Notre objectif est de protéger au mieux le capital dans les baisses de marché, pas de le garantir mais de surperformer sur le moyen terme, poursuit Didier Saint-Georges. Cela se fait au travers d’une gestion très active. Notre seule contrainte est de ne pas dépasser 50% de l’actif en action. Il faut donc accepter qu’il y ait des baisses.» Sur trois ans (2009-2011), Carmignac Patrimoine affiche une performance de 25%, soit une moyenne de 8% par an. En 2011, la valeur liquidative a diminué de 0,5%. De son côté, le fonds Eurose accuse également un repli de 0,9 % l’an dernier, tandis que le fonds Echiquier Patrimoine abandonne 2,7% avec une performance de seulement 8,2% sur trois ans.

A l’opposé, les fonds garantis (à formule) constituent une solution fréquemment retenue par les assureurs. La composition des OPCVM garantis s’articule autour d’une poche d’actifs dont le but est de garantir les capitaux versés, complétée d’options qui permettent l’indexation à un marché actions. Le capital versé est donc garanti et, sous conditions, une partie de la performance du marché sous-jacent est reversée. En revanche, toute sortie anticipée s’effectue en valeur de marché. Un autre moyen de réaliser un support garanti consiste à recourir à un EMTN (euro medium term notes) structuré : des papiers commerciaux émis par des banques et ici assortis, comme dans le cas d’un OPCVM garanti, d’un dérivé. C’est le cas, entre autres, d’Axa avec Axa Coupon Sérénité, adossé à une créance de Société Générale. «Le packaging d’un EMTN structuré est plus rapide à réaliser qu’un OPCVM, et moins gourmand en termes de coût de mise en œuvre, explique Sébastien Vuillaume d’Axa France. En outre, nous avons également proposé un fonds basé sur une gestion à coussin (technique assurantielle visant une exposition maximale aux actifs risqués tout en protégeant le capital de l’investisseur, NDLR)», poursuit Nicolas Deschamps. Un fonds de fonds multigestionnaire à la gestion flexible qui peut être, en fonction des conditions de marché, exposé en monétaire… En cas de marchés baissiers, ces produits ne délivrent pas la performance visée.

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