L'avis de... Helen Pridham, fondatrice de la société d’études Fundscape

« Créer des produits financiers beaucoup plus simples pour l’utilisateur final »

le 06/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelles tendances avez-vous observées ces derniers mois dans la gestion britannique ?

Alors que la gestion obligataire a très bien fonctionné au cours de ces dernières années, conséquence d’une baisse continue des taux d’intérêt très bas, on constate depuis cet été un retour en force des fonds en actions, qui bénéficient à un certain nombre d’acteurs à l’image de Threadneedle. Cette tendance signale la reconnaissance implicite de l’existence d’un certain nombre d’entreprises de bonne qualité mais sous-évaluées à l’heure actuelle. On observe aussi une dégradation rapide d’un certain nombre de fonds dont la performance n’a pas été au rendez-vous depuis des années ou encore des fonds dont les produits ne sont plus populaires.

Comment se porte la gestion britannique ?

C'est un secteur en très bonne santé, un peu à l'image de celui des Etats-Unis. Cette résistance, qui continue à s’opérer dans un climat d’investissement difficile, repose sur la structure même de ce secteur, fortement intermédié grâce aux conseillers financiers indépendants (IFA) qui ont soutenu les investisseurs dans leur démarche tout au long de ces dernières années.

Cette intermédiation va justement être remise en cause par l’introduction de la Retail Distribution Review (RDR). Quelles conséquences sur le secteur faut-il en attendre ?

On s’attend à une diminution du nombre de ces intermédiaires car l’investisseur final ne semble pas prêt à négocier directement des commissions. Pour la gestion d’actifs, cette nouvelle donne suppose la création de produits financiers beaucoup plus simples à comprendre pour l’utilisateur final. A l’heure actuelle, la RDR constitue une véritable distraction pour les gérants qui mettent au point les derniers préparatifs avant l’introduction de cette loi.

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