CPR Asset Management poursuit son essor en s’appuyant sur Amundi

le 17/10/2013 L'AGEFI Hebdo

La société joue de sa double nature pour garder une proximité clients de boutique et vendre ses expertises à l’étranger grâce à sa maison mère.

CPR Asset Management. Photo: PHB

Dix-huit milliards d’euros d’encours fin 2011, 20,6 milliards fin 2012, 24,9 milliards en juin dernier… « Pour le second semestre, nous espérons rester sur cette lancée prometteuse », indique Jean-Eric Mercier, directeur général de CPR Asset Management (AM). En février 2010, quelques mois après son arrivée à la tête de cette boutique de gestion arrimée à Amundi, filiale de Crédit Agricole (à 75 %) et Société Générale, il s’était fixé un objectif de 25 milliards d’euros d’encours à trois ans. Jean-Eric Mercier n’a certes pas la prétention de tenir indéfiniment une croissance à deux chiffres, mais travaille à « l’étape d’après », « dans la continuité des travaux menés et des développements initiés depuis plusieurs années ». Voilà qui devrait satisfaire Yves Perrier qui a construit Amundi, dont il est le directeur général, comme une usine de production de masse pour les réseaux de ses actionnaires, mais a diversifié les clientèles, maintenu deux marques indépendantes - BFT et CPR AM -, et poursuit par touches son développement à l’international.

Nouvelle frontière

La double nature de CPR AM (90 salariés), Jean-Eric Mercier l’assume et revendique même plus que jamais l’avantage d’appartenir au groupe Amundi. « Nous nous étions installés au 44eétage de la Tour Montparnasse en février, raconte-t-il. Fin juin, nous avons évacué nos équipes suite à des mesures positives de présence d’amiante. Dès le lendemain, nous avons bénéficié de nouveaux bureaux, à Montigny-le-Bretonneux, site de repli du groupe où nous n’avons eu qu’à brancher nos ordinateurs. Sans l’appui du groupe, un tel plan de continuité était inconcevable. » Depuis, la société a rejoint l’ensemble immobilier baptisé Agoram, c’est-à-dire l’ancien siège parisien de Crédit Agricole SA boulevard Pasteur. CPR AM y a regroupé ses équipes, « intégrées à l’organisation matricielle du groupe, précise ce diplômé des Ponts et Chaussées. Nous avons accès à toute l’analyse crédit spécialisée d’Amundi par exemple, tandis que deux de nos propres collaborateurs ont une vision plus stratégiste sur nos portefeuilles. » Depuis l’été 2012, CPR AM a aussi en commun avec sa maison mère la table de négociation, le middle-office et une grande partie de son informatique (L’Agefi Hebdo du 4 octobre 2012).

Les moyens ainsi dégagés par synergies de coûts, dont les montants ne sont pas divulgués (Amundi ne fournit pas non plus les résultats de CPR AM), permettent à la boutique d’élargir son champ d’action. « La solidité de nos expertises sur l’ensemble des classes d’actifs - allocation - taux/crédit - actions -, la mobilisation continue de nos équipes à l’amélioration de nos processus, comme la relation étroite que nous entretenons avec nos clients en termes d’écoute, de conseils et de services dédiés telle qu’ils l’attendent d’une boutique, constituent nosfacteurs clés de succès », explique cet ancien de Mercer Oliver Wyman et AT Kearney. Travaillant exclusivement pour compte de tiers, CPR AM est aussi devenue le maillon fort auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) pour le groupe. Sous la marque « Le comptoir par CPR », « nous avons collecté 180 millions d’euros, ce qui nous place dans le trio de tête sur la marché », se félicite Jean-Eric Mercier. Pour s’adresser aux institutionnels, entreprises, assureurs, banques privées, gérants de fonds et professionnels du patrimoine, CPR AM conserve en outre toute son autonomie dans sa gestion commerciale en France.

A l’étranger, en revanche, la société s’appuie sur les forces commerciales d’Amundi. Elle se développe ainsi d’abord au Benelux, en Allemagne et en Suisse, ensuite en Italie et en Espagne. « Nous concentrons notre offre sur ce qui nous permet de faire la différence, confie le directeur général de CPR AM, ou sur des fonds thématiques, tels que Silver Age, lancé fin 2009. » L’objectif : doubler « rapidement » le milliard d’euros d’encours étrangers de 2012, année de lancement du projet. « Le fonds CPR Silver Age, constitué autour de la question du vieillissement, mais au-delà, des maisons de retraite et de la pharmacie, pourrait d’ailleurs être décliné sur le Japon », dévoile Jean-Eric Mercier. 

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