CPR AM veut exporter son expertise et séduire entreprises et CGPI

le 04/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Acteur historique auprès des institutionnels, la société de gestion prône son indépendance mais s’appuie sur sa maison mère, Amundi.

La crise financière ne semble pas avoir de prise sur CPR Asset Management (CPR AM). Filiale à 100 % du groupe Amundi, la société spécialisée en gestion active a enregistré fin juin une collecte nette de 2,4 milliards d’euros, dont 1,7 milliard sur le monétaire. Cette dynamique lui permet de porter ses encours à 20 milliards d’euros, contre 18 milliards fin 2011. Souvent considérée comme une belle endormie, la société n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous voulons être un leader parmi les boutiques indépendantes et nous pensons être sur la bonne voie », déclare sans ambages Jean-Eric Mercier, un directeur général qui bénéficie tout de même de la puissance d'un groupe. Pour concrétiser son appétit de croissance, la direction de CPR AM a travaillé d’arrache-pied avec son actionnaire afin d’améliorer son efficacité opérationnelle. « En juillet, nous avons décidé de mettre en commun notre table de négociation, notre middle-office et une grande partie de notre informatique, dévoile le directeur général. Grâce à la mise en commun de moyens, nous nous sommes dégagés des marges de manœuvre car nous avons des ambitions de développement. »

De fait, CPR AM ne cache pas vouloir en priorité accélérer sa croissance à l’international. Une nécessité alors que le marché français pâtit d’un contexte général de décollecte et d’une concurrence exacerbée. Surtout, « l’objectif du groupe est de devenir un acteur de référence et nous y contribuons en essayant de grandir sur les marchés européens qui nous sont proches », avance Jean-Eric Mercier. La société de gestion compte renforcer ses équipes marketing et commercial pour couvrir l’Allemagne, la Suisse et le Benelux. En ligne de mire : les institutionnels, tels les fonds de pension, et les banques privées. « Nous avons déjà des activités dans ces pays mais nous constatons des demandes grandissantes, notamment des banques privées sur des solutions diversifiées, des fonds thématiques et des produits techniques, tels que les indexés sur l’inflation, précise-t-il. Nous avons donc une chance d’exister davantage dans ces marchés. » La route est encore longue. L’international ne représente en effet que 5 % de ses encours totaux. CPR AM reste d’ailleurs mesuré sur ses objectifs à moyen terme, affichant modestement « l’ambition d’avoir une collecte de quelques centaines de millions d’euros hors de France ».

Si elle lorgne d’autres contrées, la société de gestion n’entend pas négliger le marché tricolore. A ce titre, elle compte poursuivre son opération de séduction auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) en misant sur « Le Comptoir par CPR », une marque dédiée lancée en 2010 avec Amundi. Une stratégie qui commence à porter ses fruits, sa collecte nette ressortant à environ 100 millions d’euros à fin juin. « Nous sommes le troisième ou le quatrième distributeur sur les plates-formes alors que nous n’étions pas présents il y a deux ou trois ans », observe Jean-Eric Mercier. Pour accélérer sa présence, CPR AM joue la carte de l’immobilier avec, notamment, de nouveaux fonds. « Nous avons même prévu de recruter », annonce-t-il.

Epargne salariale

En parallèle, la société souhaite se renforcer sur le segment des entreprises, qui ne représentent que 14 % de ses encours, contre 69 % pour les institutionnels. « Nous voulons équilibrer tous nos segments de clientèle mais nous n’avons pas d’objectif en termes de pourcentage d’encours, reconnaît Jean-Eric Mercier. Notre volonté est de continuer à croître sur ce segment et nous pensons que nos solutions de trésorerie longue sont bien adaptées au besoin du moment. » CPR AM entend aussi se positionner pour répondre aux nouvelles problématiques des entreprises en termes de passifs sociaux, de retraite, de Perco* et, surtout, d’épargne salariale. « C’est un axe fort de développement, d’autant qu’Amundi est numéro un en France sur l’épargne salariale, avance-t-il. Le constat est le même sur la retraite où nous avons un potentiel de progression très fort avec des solutions d’investissement entièrement paramétrables. » Reste à trouver les bons arguments pour séduire une clientèle courtisée par bon nombre de sociétés de gestion.

*Plan d'épargne pour la retraite collectif

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