L'avis de... Michael Benhamou, directeur général de Louis Capital Markets

« La correction de la Bourse française est exagérée »

le 05/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Est-il opportun d’investir en actions à l’heure actuelle ?

Les investisseurs sont très largement sous-investis en actions et notamment européennes. S’il est vrai que nous ne sommes pas à l’abri de déceptions quant au règlement de la crise de la zone euro, il nous semble cependant que le marché intègre déjà beaucoup de mauvaises nouvelles. Aussi, est-ce sans doute le moment de chercher des points d’entrée et de se réexposer légèrement aux actions européennes qui ont été massacrées. En particulier, nous recommandons de scruter le marché français dont la correction a été exagérée. Par ailleurs, certains secteurs d’activité européens doivent être évités, comme le luxe, qui a atteint un pic de revenus, vulnérable aujourd’hui au ralentissement de la Chine. Les valorisations du secteur bancaire, notamment français, et des utilities nous semblent plus attrayantes.

Est-ce le moment de se positionner sur les marchés émergents ?

Prudence. Nous conseillons de rester à l'écart des Bourses des pays émergents. Les anticipations de bénéfices sont en baisse, notamment celles concernant les entreprises chinoises dépendantes de la croissance économique chinoise qui est à la peine. L'éventuel moteur d'une remontée des actions des pays émergents serait un rally boursier mondial global. En revanche, nous conseillons de s'exposer aux titres des pays en développement via l'EMB (iShares JP Morgan USD Emerging Market Bond ETF), un panier d'obligations d'Etat libellées en dollars de pays émergents proches de devenir des pays développés. L'objectif est de profiter d'un rendement non négligeable malgré la tendance à la baisse des taux.

Quelle classe d'actifs préférez-vous aujourd'hui ?

Le crédit obligataire d'entreprise aux Etats-Unis et en Europe. Les spreads se sont beaucoup écartés, rendant les valorisations intéressantes, et sont en train de se resserrer. Nous préférons le marché américain, moins exposé à une éventuelle crise de liquidité et où les banques améliorent leurs conditions de crédit.

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