Convictions AM repart à l’offensive pour exorciser la crise

le 12/04/2012 L'AGEFI Hebdo

En décollecte depuis l’été dernier, la boutique muscle sa politique commerciale et sa gamme de produits.

Malgré la crise des marchés, Convictions Asset Management (AM) ne renonce pas à ses ambitions. Après l’arrivée d’un vendeur pour l’Europe du Sud l’an dernier, un deuxième commercial couvre depuis mars l’Europe germanophone. « Nous avons fait agréer notre fonds phare Convictions Premium en Suisse, en Belgique, en Italie, en Allemagne et plus récemment en Espagne », détaille Philippe Delienne, président de cette boutique de gestion qui compte 33 collaborateurs. Il souhaite désormais porter la part de la clientèle étrangère de 12 % à 20 % des encours. Ces derniers atteignaient 681 millions d’euros fin mars, contre un milliard un an plus tôt.

La gestion sous mandat constitue l’autre axe de développement. Agréée fin 2009 et développée depuis fin 2010, elle reste marginale face aux fonds ouverts qui concentrent 98 % des actifs. Mais « elle répond à l’intérêt croissant des CGPI (conseillers en gestion de patrimoine indépendants, NDLR) pour une gestion déléguée qui leur permet de libérer du temps pour leurs clients », assure Hugues Riant, associé de Convictions AM et responsable des mandats de gestion. Elle peut aussi devenir pour eux un moyen de rémunération plus sûr dans l’éventualité d’une suppression à l’échelle européenne des commissions sur encours », versées par les sociétés de gestion. La maison dispose depuis le printemps 2011 de deux commerciaux dédiés à cette clientèle. Ils travaillaient déjà en partie pour leur nouvel employeur au sein de l’ex-LFP, en vertu d’un partenariat entre les deux sociétés. Avant de créer Convictions AM, Philippe Delienne a participé à la fondation de LFP, boutique emblématique fusionnée en 2009 avec UFG. Le nouveau groupe, rebaptisé La Française AM en 2011, détient toujours la participation historique de LFP dans Convictions AM (30 % du capital).

Pour renforcer l’expertise de la maison dans l’allocation d’actifs, deux nouveaux produits ouverts vont voir le jour. « Nous attendons pour les semaines qui viennent de nouveaux agréments de l’Autorité des marchés financiers pour Convictions Infinite (qui existe déjà comme fonds dédié, NDLR) et Convictions Classic », déclare Philippe Delienne. Ces deux fonds patrimoniaux, au profil plus ou moins offensif, seront des alternatives à Convictions Premium qui concentre 96 % des encours.

Tous trois seront aussi « déclinés dans des mandats investis au maximum à 30 % dans nos produits et à hauteur de 70 % dans des fonds d’autres sociétés de gestion pour diversifier les risques et les stratégies de gestion », poursuit le dirigeant. En revanche, dans un contexte de baisse des taux durable en Europe, « nous réfléchissons à l’avenir de notre fonds Convictions ActivInflation », concède Philippe Delienne. Son sort semble scellé sachant que l’actif net a fondu de 24,4 millions d’euros fin 2010 (selon Europerformance) à 4,9 millions fin mars 2012.

Gestion chahutée

Au-delà de sa gamme, Convictions AM a aussi revu son style de gestion pour redresser ses performances (voir le tableau). Il reste fondé sur des paris macroéconomiques, mais « à l’avenir, nous réinvestirons sur un marché lorsque la volatilité aura atteint un niveau viable pour les gestionnaires, c’est-à-dire moins de 30 % », explique Philippe Delienne, qui tire les enseignements d’une crise inédite pour lui, malgré ses 40 ans de carrière. « Au second semestre, nous avons été confrontés à des aléas, tels que les rumeurs. Celle sur Société Générale en août dernier nous a pénalisés après que nous sommes revenus sur les marchés suite à l’annonce très positive du gel des taux américains par la Réserve fédérale, raconte le dirigeant. Nous avons aussi pâti des décisions politiques improbables, comme le référendum annoncé par Papandréou (le Premier ministre grec d’alors, NDLR) à la veille du G20. »

Convictions AM joue la transparence. En 2011, la dynamique du premier semestre a permis une collecte annuelle positive (90 millions d’euros), mais depuis la crise européenne de l’été dernier, la société subit des retraits de fonds comme la plupart de ses concurrents. « Sur le marché, les flux de souscription reviendront lorsque les investisseurs seront plus confiants et quand les valorisations seront revenues à un niveau plus élevé », estime Philippe Delienne. D’ores et déjà, dans la foulée de la première opération exceptionnelle de refinancement de la Banque centrale européenne, « la performance de Convictions Premium a rebondi de 1,2 % en décembre et elle est de plus de 6 % depuis janvier », pointe-t-il.

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