L’avis de… Gilbert Vidal, directeur financier d’Assystem

« Contrairement à une dette bancaire, il n’y a ni amortissement, ni ‘covenant’ »

le 02/02/2012 L'AGEFI Hebdo

A quel but a obéi votre émission de convertibles de 92 millions d’euros lancée en juillet 2011 ?

Plus précisément, nous avons fait le choix d’émettre une Ornane (obligation remboursable en numéraire et en actions nouvelles et existantes, NDLR). Ce papier permet à l’émetteur de choisir à l’échéance la modalité de remboursement de sa dette. Si le cours de l’action est supérieur au nominal, l’émetteur peut décider de ne payer en actions que le montant qui excède le nominal de l’obligation, le nominal étant quant à lui payable en numéraire. Cette solution limitait la dilution. Avec une Oceane (obligation convertible en actions nouvelles ou existantes, NDLR) dans les mêmes conditions, la dilution aurait été d’au moins 20 % contre un peu moins de 5 % dans le cas d’une Ornane. Par ailleurs, ce type de papier bénéficie de l’avantage offert par toute obligation convertible : des coupons attractifs.

Et par rapport à une obligation classique ?

Le marché européen était pour Assystem plus difficilement accessible, compte tenu de notre besoin de financement de 92 millions d’euros seulement. Nous avons également étudié la possibilité de recourir aux placements privés américains. Ils offrent l’avantage d’une plus grande flexibilité et d’un moindre coût, mais il faut être plus fortement connu à l’international que ne l’est pour l’heure Assystem.

Quels ont été les autres avantages ?

Nos sources de financement étaient jusque-là totalement bancaires. En raison de la crise de liquidité, recourir au marché de capitaux permet une diversification précieuse notamment pour les entreprises de moyennes capitalisations telles que nous. Par ailleurs, contrairement à une dette bancaire, il n’y a ici ni amortissement, ni covenant (clause qui, en cas de non-respect des objectifs peut entraîner le remboursement anticipé du prêt, NDLR). Enfin, cet appel au marché nous a permis de nous adresser à des investisseurs privés d’un autre type, que ce soit la clientèle retail ou celle de la gestion privée.

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