Comment modifier la « sensibilité actions » d’un portefeuille de convertibles

le 12/12/2013 L'AGEFI Hebdo

La principale vertu des obligations convertibles (OC) est d’offrir une exposition « asymétrique » aux marchés d’actions, en captant deux tiers de sa hausse et seulement un tiers de sa baisse, avec deux fois moins de volatilité. « Néanmoins, le profil d’une obligation convertible (OC) n’est pas statique dans le temps, mais évolue avec le cours de l’action », expliquent Renaud Martin et Nicolas Crémieux, responsable de la gestion de convertibles et gérant chez Mirabaud AM. Le delta, qui mesure la sensibilité du prix de l’OC à l’évolution de la valeur de l’action sous-jacente, permet de segmenter les OC en quatre catégories de profils : « action » (delta > 70 %), « mixte » (30 % < delta < 70 %), « obligataire » (risque de crédit < 350 pb et delta < 30 %), et « haut rendement » (risque de crédit > 350 pb et delta < 70 %). Chez Mirabaud AM, ce dernier profil se définit en priorité par le risque de crédit. La proportion de ces profils évolue substantiellement avec des variations de marché élevées : « Avec la crise de la zone euro en 2011, le gisement des OC européennes s’était retrouvé avec une large part de profils ‘haut rendement’ », rappelle Renaud Martin. Ainsi, la répartition des quatre profils était de 0-20-20-40 % à fin 2011, contre plutôt 20-30-20-30 % à fin 2013 (8-52-25-15 % chez Mirabaud AM). Cette sensibilité plus élevée aux actions sur la période considérée résulte d’une triple conjonction : la hausse de 25 % des actions européennes, l’arrivée à maturité de certains profils obligataires, les nouvelles émissions primaires au profil « mixte ». « Mais le gérant peut aussi accélérer ce mouvement en vendant des OC ‘à haut rendement‘ et ‘obligataire’ dès lors qu’il a généré une plus-value sur certains de ces titres, pour acheter des OC ’mixtes’ et ‘actions’ », développent les spécialistes de Mirabaud AM. Ils reconnaissent que les petites sociétés de gestion, avec un focus plus midcaps, ont davantage de flexibilité en la matière que des méga-fonds dont la « sensibilité actions » doit satisfaire une palette d’investisseurs également plus large. « Avant de vendre les OC ‘actions’ pour racheter des OC ‘mixtes’, nous nous fixons des objectifs précis en termes d’analyse fondamentale sur la valorisation et la croissance de l’entreprise », concluent les gérants, néanmoins attentifs à ne pas basculer sur un portefeuille au profil trop « actions » pour lequel ils n’avaient pas

de mandat.

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