Dossier OPCI

La collecte des SCPI atteint un plus haut historique

le 09/06/2011 L'AGEFI Hebdo

2,5 milliards d'euros en 2010, c'est une renaissance pour ces sociétés civiles de placement immobilier longtemps délaissées par les banques.

Peu de placements peuvent se vanter d'avoir battu des records de collecte en 2010. C'est le cas des SCPI, plébiscitées par les particuliers l'an dernier dans un marché de l'épargne difficile. La collecte nette des SCPI s'établit à 2,458 milliards d'euros en 2010, contre 869 millions en 2009, portant la capitalisation du secteur à 22,3 milliards. Mieux, la collecte est largement supérieure au précédent record, atteint en 1990 à 1,7 milliard d'euros.

« Les épargnants ont redécouvert les attraits des SCPI, qui ont démontré leur capacité à traverser la crise, explique Nicolas Simon, directeur général d'Amundi Immobilier, deuxième acteur du marché avec une capitalisation de 2,7 milliards d'euros. Certes, le rendement est en baisse, mais c'est en raison de l'appréciation du prix des parts, et non de la diminution des revenus distribués. » Avec un rendement moyen de 5,63 % en 2010, les SCPI apparaissent, aux yeux de nombreux épargnants, comme une bonne alternative aux fonds en euros de l'assurance-vie.

De plus, le faible niveau des taux d'intérêt plaidait, l'an dernier, pour l'endettement. Or de nombreux particuliers financent l'achat de leurs parts de SCPI à crédit. Enfin, les craintes inflationnistes favorisent aussi l'investissement dans l'immobilier locatif, puisque les loyers sont indexés sur l'évolution des prix. A noter, les SCPI fiscales ont collecté 955 millions d'euros en 2010, principalement grâce au succès du régime Scellier. Principal collecteur sur ce segment, Amundi a fait rentrer 216 millions d'euros sur ces produits en 2010, soit la majeure partie de sa collecte globale en SCPI (266 millions d'euros).

La grande nouveauté de 2010 est le retour des groupes bancaires sur le marché. BNP Paribas a ainsi affiché une collecte nette de 358 millions d'euros l'an dernier, portant l'encours de ses produits à 2,6 milliards d'euros. Pour mémoire, les banques avaient largement délaissé ce marché après les problèmes de liquidité des SCPI du milieu de la décennie 90. La grande majorité de la collecte se fait désormais via les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI). Mais les groupes bancaires reviennent sur le marché depuis l'an dernier, principalement via les produits Scellier, avant de s'attaquer à présent aux SCPI non fiscales.

Retour des banques

« Nos produits étant à capital fixe, il faut une augmentation de capital, agréée par l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour pouvoir collecter, rappelle Nicolas Simon. Nous n'avions qu'une seule SCPI non fiscale ouverte l'an dernier. Mais nous avons tout mis en place pour répondre cette année à l'augmentation de la demande : nous aurons un produit disponible dans chacun de nos réseaux partenaires du Crédit Agricole, de LCL, de Société Générale ainsi qu'auprès de nombreux CGPI. »

Le leader du marché, UFG-LFP, dont les 18 SCPI totalisent 5,2 milliards d'euros de capitalisation, compte aussi sur un retour des réseaux de distribution bancaire pour accélérer sa collecte. Le groupe distribue ses SCPI à la fois via des CGPI, mais aussi dans les réseaux du Crédit Mutuel. « Nous espérons dépasser 400 millions d'euros de collecte nette en 2011 », indique Jean-Marc Coly, directeur général d'UFG REM, c'est-à-dire le double de 2010. UFG-LFP a pourtant engrangé l'an passé une collecte brute de 352 millions d'euros, mais une grande partie a servi à assurer la liquidité des parts en attente. « La collecte brute 2010 a servi, à hauteur de 140 millions d'euros, à assurer la fluidité du marché des parts de nos SCPI, ajoute Jean-Marc Coly. Au-delà de cette reprise de la collecte et pour assurer une liquidité plus rapide à nos porteurs, nous avons mis en place, sur certains véhicules, des fonds de remboursement en utilisant la trésorerie de nos SCPI mal rémunérée actuellement. »

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