La City pas plus inquiète qu'auparavant

le 05/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Par Stéphanie Salti, à Londres

Si le veto britannique aux modifications du traité européen a provoqué de grands remous politiques outre-Manche, les conséquences sur le secteur financier ne semblent pas aussi dramatiques qu’attendu. Pour Mats Persson, directeur général du think-tank eurosceptique OpenEurope, « ce veto n’a rien changé structurellement : la City ne sera ni mieux, ni moins bien lotie qu’auparavant ». Selon le responsable, « la crainte était déjà grande outre-Manche que le renforcement de l’intégration des pays de la zone euro ait pour effet d’isoler Londres et de diminuer son pouvoir dans les services financiers ». Même son de cloche du côté de Philip Booth, professeur en charge du secteur de l’assurance et de la gestion des risques au sein de la Cass Business School : « L’introduction d’un surcroît de réglementation financière peut intervenir dans le cadre des procédures actuelles mais nécessite de passer le test du vote à la majorité qualifiée. Et c’est précisément l’inquiétude outre-Manche : le marché unique devient de plus en plus réglementé et le Royaume-Uni ne peut rien bloquer ». Du côté britannique, on s’inquiète en particulier d’une intitiative de la Banque centrale européenne (BCE) exigeant des chambres de compensation qui traitent plus de 5 % des produits financiers libellés en monnaie unique d’être localisées en zone euro. Donc en dehors du Royaume-Uni, lequel concentre 40 % du trading des produits OTC (de gré à gré) dans le monde. « En réalité, l’utilisation du veto ne fera aucune différence sur l’ensemble de ces futures réglementations financières, à l’exception de la taxe sur les transactions financières à laquelle le Royaume-Uni peut légalement opposer son veto », poursuit Philip Booth.

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