Chypre, coup de rabot sur l'épargne

le 21/03/2013 L'AGEFI Hebdo

« Cyprusse ». Le plan de sauvetage de Chypre a créé la confusion en zone euro et entraîné un vent de panique chez les petits épargnants de l'île. Dix milliards d'euros seront apportés par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) sur des besoins évalués à 17 milliards. Une hausse du taux de l’IS de 10 % à 12,5 % et surtout une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires forment le solde. Exceptionnelle, la taxe l'est surtout par son ampleur : 5,8 milliards. Au 16 mars, le projet prévoyait pour les dépôts supérieurs à 100.000 euros un taux de 9,9 %. En deçà, elle est de 6,75 %. Le total des dépôts bancaires est de 80 milliards, dont 20 milliards d'origine russe. Devant le tollé provoqué à l’annonce du projet, les « petits » épargnants vont, selon toute vraisemblance, échapper à la taxe. L’Eurogroupe a d’ailleurs fait savoir qu'il n'avait pas demandé la taxation de tous les épargnants en dessous de 100.000 euros. La responsabilité en incombe au nouveau président Nicos Anastasiades qui craint qu'une sortie des capitaux russes entraîne la faillite du secteur bancaire. Des experts de Bruxelles arguent que le « haircut » subi par les épargnants chypriotes n'entre pas dans la définition de la garantie des dépôts européenne (fixée à 100.000 euros), dans la mesure où c’est un impôt et que, en plus, elle concerne un « bail-in » (garanties/caution) et non un « bail-out » (renflouement/faillite).

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