L'avis de... Guido Bolliger, directeur des investissements chez Olympia Capital Management

« Le choix va dépendre des besoins de l’investisseur »

le 01/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Les performances des « hedge funds » et celle des « managed accounts » (comptes gérés) peuvent diverger. Pour quelles raisons ?

Deux éléments importants entrent en ligne de compte. D’abord, les frais supplémentaires payés par l’investisseur. Ensuite, l’écart de performance entre le fonds répliqué et le managed account. Plusieurs choses expliquent cette divergence, et notamment les contraintes d’investissement ou de levier imposées par la plate-forme. Lors d’une étude que nous avions réalisée fin 2008, nous avions constaté que la tracking error médiane était de 3 %, avec pour conséquence un excès de volatilité de 20 % et un rendement inférieur de 15 % pour les comptes gérés. Nous n’avons pas remis à jour notre étude mais les chiffres ne devraient pas être très différents alors que les comptes ségrégués sont toujours soumis aux mêmes contraintes.

Y a-t-il des stratégies plus sensibles à la « tracking error » ?

Oui. Tout va dépendre de leur complexité et de leur niveau de liquidité. Les stratégies directionnelles utilisant des actifs simples comme les futures pour leurs investissements affichent un différentiel de performance inférieur par rapport aux stratégies de valeur relative. Il s’agit des global macro, des CTA (commodity trading advisors, NDLR) et du long-short actions sur les grandes capitalisations. Leur tracking error médiane était comprise entre 2,3 % et 3 %, contre 6,1 % pour les stratégies relative value (arbitrage de crédit, obligations convertibles, mortgage…). Ces dernières sont les plus affectées par les restrictions d’univers d’investissement et de levier imposées par les comptes gérés.

Ce surcoût peut paraître élevé après une année 2011 difficile pour de nombreux « hedge funds »…

C’est le prix à payer pour s’assurer la sécurité, la liquidité et la transparence offertes par ces plates-formes. Aujourd’hui, cette tracking error n’est plus une surprise pour les investisseurs. Même les fournisseurs de managed accounts mettent en garde leurs clients sur ces écarts. Finalement, le choix va dépendre des besoins de l’investisseur. Dans la période actuelle, certains peuvent vouloir une plus grande flexibilité pour pouvoir couper rapidement leurs positions. De plus, la gestion du risque opérationnel qui est assurée par le fournisseur de comptes gérés doit être rétribuée. Enfin, d’un point de vue réglementaire, notamment pour les compagnies d’assurances dans le cadre de Solvabilité II, les managed accounts peuvent fournir une plus grande transparence via des rapports détaillés et granulaires, ce qui pourrait leur permettre finalement de réduire leurs obligations d’investissement en capital.

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