L'avis de... Karine Hirn, fondatrice associée d’East Capital

« Pour la Chine, le dynamisme de ses partenaires commerciaux est crucial »

le 04/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Le commerce extérieur chinois peut-il être affecté par le nouvel assouplissement quantitatif américain (QE3) ?

Les autorités chinoises contrôlent toujours l’appréciation du renminbi, indexé à un panier de monnaies et qui n’est pas encore convertible. L’annonce de la Fed de procéder, si nécessaire, à des injections de liquidités massives et de façon illimitée ne peut donc pas produire les mêmes effets sur la devise chinoise que sur celles des autres pays émergents, tels le real ou la roupie indienne. Elle peut certes relancer la spéculation sur la montée du renminbi vis-à-vis du dollar, cependant, la pression à l’appréciation est sans doute moindre aujourd’hui car le surplus commercial est en nette baisse. Par ailleurs, la dépendance de l’Empire du Milieu aux exportations, qui est en train de s’atténuer, doit être relativisée. Les exportations représentaient près de 26 % du PIB chinois en 2011, à comparer à près de 36 % en 2006. En réalité, la croissance du PIB chinois est surtout tirée par les investissements, puis par la consommation. Il n’en demeure pas moins que les autorités chinoises, très soucieuses de la stabilité sociale, surveillent de près la santé des exportateurs qui sont d’importants employeurs. A cet égard, la réussite de l’assouplissement des politiques monétaires de ses principaux partenaires commerciaux, l’Europe et les Etats-Unis, qui apparaît aujourd’hui comme la seule façon de relancer leur croissance - et par conséquent de redynamiser leurs importations - est cruciale.

Le QE3 peut-il compliquer le contrôle de l’inflation ?

Pour l’heure, l’inflation reste largement sous contrôle, de 2 % seulement (à comparer à 6,2 % en août 2011), pour un PIB qui devrait croître de 8 % cette année. Avec un niveau d’inflation aussi bas, la Chine devrait pouvoir absorber d’éventuelles tensions supplémentaires. Quoi qu’il en soit, le lancement du QE3 devrait réduire l’aversion pour le risque et stimuler l’appétit pour les actifs risqués, un élément positif pour les marchés actions chinois.

Le conflit concernant les îles Senkaku peut-il pénaliser le commerce avec le Japon ?

Les manifestations anti-japonaises, très encadrées, s’arrêteront lorsque les autorités chinoises craindront qu’elles dégénèrent et créent un climat d’instabilité sociale. En attendant, les ménages chinois pourraient boycotter les produits japonais vendus sur leur territoire. Pour rappel, le Japon est le premier partenaire commercial de la Chine en Asie.

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