Rencontre avec... Arnaud de Dumast, directeur de la gestion de la Banque Neuflize OBC

« Ceux qui souhaitent faire fructifier leur patrimoine doivent prendre des risques »

le 13/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Après une année 2012 exceptionnelle, les actions peuvent-elles encore progresser ?

La montée des marchés boursiers de 2012, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, est exceptionnelle. Il est peu probable qu’elle se poursuive à un tel rythme, de plus de 27 % pour le DAX ou de plus de 14 % pour l’indice CAC 40 par exemple. La cadence de progression des derniers jours sur les marchés boursiers européens n’est pas soutenable. Pour 2013, une performance boursière de 7 % à 8 % serait plus raisonnable. Bien que la zone euro soit entrée en récession, les actions européennes devraient continuer de s’apprécier. Les données macroéconomiques commencent à donner des signes de stabilisation, ce qui est considéré comme un point d’inflexion par le marché, anticipant désormais l’arrivée de meilleures nouvelles conjoncturelles. En éloignant le risque systémique de la zone euro, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a créé des conditions favorables au retour des investisseurs. Dans cet environnement plus stable, les volumes de transactions pourraient à nouveau croître. Les institutionnels, qui ont observé le rebond du dernier semestre sans en profiter, pourraient être tentés de réinvestir en actions à partir de l’année prochaine. Quant à nous, nous avons recommencé à en acquérir progressivement dès juillet et, aujourd’hui, nous les surpondérons. Nous ciblons surtout des sociétés de consommation présentes dans les pays émergents et des valeurs technologiques.

Les obligations d’entreprises ont-elles encore du potentiel ?

Elles deviennent chères mais restent une classe d’actifs intéressante dans une logique de portage. Même si leur rendement a baissé tout au long de l’année, il demeure nettement plus attrayant que celui des emprunts d’Etat. Cependant, pour recevoir un rendement approchant les 5 %, il faut désormais se positionner sur des obligations à haut rendement (high yield), et non plus sur de l’investment grade (émissions notées de « AAA » à « BBB- »). Il faut accepter une qualité de signature moindre par rapport à celle de l’an dernier. Cela dit, le risque est encore rémunéré de façon appropriée. Les prévisions de défaillances dans le crédit à haut rendement sont à des niveaux acceptables. Quoi qu’il en soit, si les rendements de l’obligataire d’entreprise continuent de baisser, les investisseurs finiront par arbitrer en faveur des actions.

Restez-vous à l’écart des titres souverains ?

Oui. Les taux américains et des pays du noyau de la zone euro sont trop bas. Avec des placements dits sans risque, on perd de l’argent. Ceux qui souhaitent faire fructifier leur patrimoine sont contraints de prendre des risques.

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