L’avis de… Hubert Clerbois, président du cabinet EPS Partenaires

« Certains teneurs de compte pourraient avoir des difficultés »

le 20/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi le métier de tenue de compte en épargne salariale souffre-t-il d’un déficit chronique ?

Il est très difficile de rendre cette activité rentable avec une tarification aussi basse. Aujourd’hui, le prix de revient est compris entre 10 et 15 euros par salarié et par an. Il est facturé beaucoup moins aux entreprises, et notamment aux grands groupes. Le prix de la tenue de compte ne correspond donc pas à la juste valeur de la prestation. En outre, certains opérateurs font du dumping sur les prix pour gagner des parts de marché, ce qui nuit à l’économie de ce métier. Or il nécessite d’importants investissements informatiques pour délivrer une qualité de service de plus en plus élevée, d’où une tendance forte à la mutualisation de moyens. De fait, aujourd’hui, quatre grandes plates-formes dominent le marché et la concentration va se poursuivre car certaines d’entre elles pourraient connaître des difficultés d’un point de vue économique.

La consolidation du secteur est-elle inéluctable ?

Quand on regarde les statistiques de la profession, on constate déjà d’année en année une concentration de plus en plus forte du secteur de l’épargne salariale. Actuellement, les dix premiers acteurs gèrent 93 % des encours du marché. Certes, sur la simple gestion financière de l’activité, il y a de place pour des acteurs de petite taille ou de taille moyenne qui ciblent une certaine catégorie de clientèle au travers notamment des architectures dites « ouvertes ». Toutefois, pour résister sur le marché, il est nécessaire de faire de l’innovation. C’est un métier qui n’est pas facile à l’heure actuelle.

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