L'avis de... Yann de Saint-Meleuc, directeur du pôle finance d’Euroland Consulting

« C’est la composition, l’affectation des coûts qui présentent un intérêt »

le 23/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Quel a été l’élément déclencheur de la création du comparatif de coûts Co-siam ?

J’ai été secrétaire général d’une importante société de gestion pendant dix ans. J’avais remarqué que les benchmarks existants étaient très généralistes. Ils couvraient toutes les charges mais ne permettaient pas d’analyser finement les coûts informatiques. Et ne pas identifier clairement l’affectation de ces derniers entraîne des difficultés en interne. Trop élevés et les dirigeants pensent être mal organisés, pas assez élevés et ils pensent être en retard en termes d’innovation. Le niveau des coûts ne veut rien dire en soi, c’est leur composition et leur affectation qui sont intéressantes.

Quelle a été la méthode retenue pour analyser ces coûts informatiques ?

La préoccupation principale est de rester en phase avec la capacité des sociétés de gestion à fournir les données nécessaires. Nous posons des questions pour lesquelles nous sommes sûrs d’obtenir des réponses fiables. Car la principale hésitation des candidats au benchmark a trait à leur capacité à produire les chiffres au bon degré de précision. Cela nécessite en effet des moyens humains et techniques permettant, notamment, de mesurer les charges et les temps de travail par affectation. Nous n’imposons pas les clés de ventilation des coûts, mais nous nous assurons que les méthodes retenues par les participants sont cohérentes avec le benchmark.

Vous allez bientôt livrer la seconde édition de votre benchmark, portant sur les coûts 2010, comment analysez-vous les retours avec le recul ?

Je distingue deux types de réactions. Il y a d’abord les DSI qui étaient en train de structurer leur tableau de bord de la fonction informatique et qui se sont très fortement inspirées du benchmark Co-Siam - c’est le cas d’OFI AM par exemple. L’autre type de réaction concerne les dirigeants informatiques qui ont pris conscience qu’ils pouvaient mieux valoriser certaines dépenses en les qualifiant d’investissement, parfois immobilisables à l’actif de la société de gestion. Dans tous les cas, le fait de participer à ce benchmark renforce le dialogue entre la DSI, la direction financière et la direction générale.

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