Dossier épargne

Britanniques et Allemands ignorent l'épargne réglementée

le 13/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Les banques fixent les plafonds et les taux servis sur les comptes d'épargne. Quelques produits bénéficient d'une défiscalisation.

Les ténors de la banque britannique ont la mainmise sur les produits d’épargne outre-Manche. Leader dans ce secteur, Lloyds Banking Group (LBG), au travers des marques Halifax et Lloyds TSB, s’arroge quelque 26 % d’un marché d’un volume de 1.150 milliards de livres, selon le cabinet d’études Mintel, suivi par Santander, Natwest, Nationwide, Barclays et HSBC, chacun disposant d’environ 10 % de part de marché.

La gamme de produits est vaste. Les Britanniques peuvent choisir entre des comptes d’épargne à taux fixe d’une durée limitée (fixed-rate savings accounts), ou encore des comptes d’épargne à versements réguliers (regular savings-accounts), ou des notice accounts, pour lesquels le détenteur doit prévenir quelques jours à l’avance de son besoin d'effectuer un retrait afin de ne pas perdre les intérêts associés aux produits. Le plus populaire des comptes d’épargne outre-Manche reste sans conteste le compte d’épargne à accès immédiat (easy-access savings account) qui n’impose aucune restriction en matière de retraits et qui est assorti tantôt d’un taux d’intérêt variable, tantôt d’un taux fixe pour une période donnée.

Des Britanniques volages

Au total, 34 millions de Britanniques possèdent un compte d’épargne outre-Manche. Taxés sur les intérêts à hauteur de 20 % à 40 %, ces produits traditionnels subissent la concurrence sévère des ISA’s, les comptes d’épargne individuels défiscalisés lancés en avril 1999. Ces produits, dont la collecte a représenté quelque 54 milliards de livres en 2010-2011, sont soumis à un plafond d’investissement annuel, limité cette année à 5.640 livres. « Outre-Manche, les banques tendent à offrir le meilleur rendement. Or ce tarif n’est offert en général que pour une période limitée, si bien que dès que le contrat arrive à échéance, les clients se précipitent à la concurrence dans le but d’obtenir un meilleur taux », résume Daoud Fakhri, analyste au cabinet Datamonitor.

Cette course effrénée au meilleur taux rend toute innovation dans le secteur assez rare. Quelques initiatives se sont néanmoins distinguées ces derniers mois. En décembre 2011, Santander UK a offert à ses clients la possibilité de percevoir par avance une somme de 1.000 livres pour des sommes d’argent investies à hauteur de 12.000 livres. L’initiative a rencontré un vif succès. De son côté, Halifax a lancé à l’automne dernier un tirage au sort mensuel récompensant ses clients dont la somme des dépôts et comptes d’épargne est supérieure à 5.000 livres. Des prix alléchants à la clé puisque le prix le plus élevé atteint une valeur de 100.000 livres, non imposable.

Des Allemands soucieux de leur retraite

Les Allemands ignorent eux aussi l’existence de livrets d’épargne administrés. Outre-Rhin, ce sont les banques qui fixent les conditions et les plafonds de ce type d’épargne, toujours très prisée même si la rémunération est en chute libre. Les intérêts perçus (à partir de 1.200 euros) sont imposables à hauteur de 25 %.

Mais au regard de la volatilité des marchés financiers et de la chute des cours en Bourse, le livret d’épargne demeure la forme de placement préférée des Allemands. Selon les statistiques de la Bundesbank, chaque Allemand met en moyenne 180 euros par mois de côté, soit quelque 165 milliards d’euros en 2011. Selon les dernières enquêtes, 70 % des ménages affirment mettre de l’argent de côté chaque mois. Pour ce faire, près de la moitié a choisi un compte d’épargne. Il est considéré comme le moyen le plus sûr, étant donné que les dépôts sont garantis au moins jusqu’à hauteur de 100.000 euros. La plupart des banques vont même au-delà du seuil réglementaire en garantissant les dépôts jusqu’à 250.000 euros.

Outre les comptes d’épargne, les Allemands sont friands de produits d’assurance. Un tiers d'entre eux affirment avoir souscrit une assurance-vie ou une retraite complémentaire auprès d’une compagnie. Cette forme d’épargne a connu un regain de popularité après le lancement par le gouvernement d’un produit d’épargne retraite complémentaire défiscalisé (Riester-Rente). Fin 2011, le volume des placements déposés par les clients particuliers auprès des assureurs s’élevait à 1.432 milliards d’euros, soit près d’un tiers de l’épargne des Allemands.

Si la collecte des assureurs a plus que doublé au cours des dix dernières années, les placements en fonds d’investissement et en actions ont en revanche fortement chuté depuis la crise. Au printemps 2012, 10 % à 14 % des Allemands, selon différentes enquêtes, possédaient des actions ou des fonds d’investissement. Dans le domaine comportemental, les épargnants européens partagent de nombreux points en commun.

A lire aussi