Le britannique Threadneedle se donne les moyens de gagner en visibilité

le 25/08/2011 L'AGEFI Hebdo

Le gérant veut sortir de l’ombre afin d’apparaître comme un leader d’opinion au sein de la communauté financière et… augmenter ses actifs sous gestion.

Pas de gérants stars, pas de déclarations tonitruantes… Threadneedle a décidé d’en finir avec cette culture de la modestie. Pour commencer, son directeur général, Crispin Henderson, a recruté des professionnels de haut niveau, à l’image de Mark Burgess (photo), autrefois responsable actions chez Legal & General Investment Management, comme chief investment officer (CIO) : « Bien que la perception de Threadneedle sur le marché soit excellente, nous devrions avoir une aura plus importante que celle dont nous avons bénéficié jusqu’à présent », explique le nouveau responsable des investissements. De fait, cette société britannique, qui gère 76,2 milliards d’euros d’actifs, présente tous les ingrédients d’une société à succès. Ses derniers résultats trimestriels, publiés le 27 juillet, montrent une collecte de 1,7 milliard de dollars, comparé à 1,1 milliard de décollecte un an auparavant.

Dans le giron du géant américain Ameriprise Financial (693 milliards de dollars d’actifs sous gestion), forte de quelque 600 personnes, elle dispose d’un historique impressionnant : 74 % de ses fonds ont surperformé sur une année, 73 % sur trois ans et 84 % sur cinq ans. Et en tire une reconnaissance nouvelle : depuis le début de l’année, Threadneedle a décroché 123 récompenses et s’est positionnée ce deuxième trimestre en tête du classement Feri des sociétés de gestion en France (voir le tableau). Son processus d’investissement n’y est pas étranger : « Nous croyons fermement au pouvoir du travail en équipes, explique le CIO. Nos gérants sont de vraies stars, mais ils s’accordent tous à penser que le travail collectif et collaboratif conduit à de meilleures décisions d’investissement que prises individuellement. Et nous avons constaté que c’était effectivement le cas. » De longue date, Threadneedle organise tous les mardis matin des réunions de 45 minutes. Du plus junior au plus senior, chaque gérant a une voix. L’objectif est de permettre à chaque équipe d’être pleinement informée sur les perspectives globales de certains marchés ou produits.

Expansion internationale

Threadneedle travaille aussi de plus en plus avec Columbia Management, rachetée fin 2009 par Ameriprise Financial à Bank of America : « Columbia et Threadneedle fonctionnent véritablement comme un yin et un yang : nous avons une présence internationale significative mais limitée aux Etats-Unis, à l’inverse de Columbia : si un client demande un produit ou une stratégie particulière, nous devons nous assurer qu’il soit orienté vers l’une ou l’autre de ces sociétés », assure Campbell Fleming (photo), responsable de la distribution de Threadneedle.

Désormais, la société britannique veut se faire entendre. « Nous possédons 1,25 % du marché actions anglais et 0,6 % des actions européennes, ce qui nous positionne comme des experts potentiels dans ces secteurs », rappelle Mark Burgess. Elle souhaite aussi augmenter ses actifs sous gestion. Le secteur des fixed income, qui représente actuellement 31 % des actifs sous gestion (les actions forment 57 % de l’ensemble), est en ligne de mire : le groupe, qui a recruté l’an dernier les services de Jim Cielinski, ex-managing director au sein de Goldman Sachs, au poste de responsable du fixed income, entend doubler le nombre de ses actifs gérés dans ce secteur dans les trois à cinq prochaines années.

Le développement à l’étranger doit aussi jouer son rôle dans cet objectif d’accroissement : « Actuellement, l’international représente entre un tiers et 40 % du total des actifs sous gestion, souligne Campbell Fleming. Nous souhaiterions le porter aux deux tiers. » Doté de onze bureaux européens, le groupe a décroché un accord de distribution pour l’Italie avec Deutsche Bank concernant 34 fonds. Dans d’autres marchés comme la France, qui ne représente que 2 % des actifs gérés, ou encore les pays scandinaves et le Benelux, Threadneedle souhaite aussi rééquilibrer la répartition entre ses activités institutionnelles et réseaux. Par ailleurs, l’Asie, où les effectifs ont triplé, est un axe d’expansion. Le groupe, qui a des bureaux à Hong Kong et Singapour, est à l’affût d’occasions sur le marché chinois, à Taïwan et en Malaisie.

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