Au Brésil, priorité à la croissance

le 15/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Le Brésil change son fusil d’épaule. La banque centrale (BCB) a baissé fin août son taux d’intérêt de référence de 12,5 % à 12 %, mettant fin au cycle de hausses engagé en avril 2010. Pourtant, l’inflation progresse toujours (à 7,23 % en août, contre 6,87 % en juillet). Mais la BCB redoute que le ralentissement des principaux blocs économiques accélère celui qui est en cours dans le pays sous l’effet du resserrement monétaire et budgétaire (le PIB n’a progressé que de 3,1 % au deuxième trimestre en glissement annuel, contre 4,1 % au premier trimestre et 7,5 % en 2010). Les économistes sondés par l’institution prévoient une croissance de 3,7 % en 2011 et de 3,8 % en 2012, contre 4 % et 4,1 % il y a trois mois. La contagion pourrait se faire, selon la BCB, par le commerce, les flux d’investissement, les conditions de crédit et une détérioration de la confiance. Le Brésil est néanmoins mieux placé qu’en 2008 pour affronter le ralentissement mondial. La part des exportations dans le PIB est passée de 12,9 % au deuxième trimestre 2008 à 11,3 % au premier trimestre 2011, et les exportations de produits manufacturés ne représentent plus que 38 % du total, contre 48 % à l’époque, selon RBS. « 

Sauf si la Chine décélère rapidement et que les prix des matières premières baissent fortement, la contagion par le canal commercial peut être gérée », dit Bénédicte Baduel, économiste chez Natixis.

A lire aussi